Monde

Che Guevara : une figure internationale

Che Guevara, apôtre des opprimés -4-

Salim Lamrani / 24 janvier 2018

Le cinquantième anniversaire de l’assassinat du Che en Bolivie le 9 octobre 1967 offre l’occasion de revenir sur le parcours du révolutionnaire cubano-argentin qui a dédié sa vie à la défense des « Damnés de la terre ».

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Le Che était-il le visage de la Révolution cubaine ?

Fidel Castro a toujours été la figure emblématique de la Révolution cubaine. Le Che en était le représentant international. Il a réalisé sa première tournée diplomatique à travers le monde en juin 1959, qui dura trois mois. Fidel Castro lui avait confié la mission de parcourir l’Afrique et l’Asie, à la recherche de soutien politique. Cela illustrait la grande confiance que Fidel avait vis-à-vis de l’Argentin. Le Che rencontra Nasser en Egypte, Sukarno en Indonésie, Nehru en Inde. Il visita également la Birmanie, le Japon, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, Hong-Kong, le Pakistan, la Grèce, la Yougoslavie, l’Italie, le Soudan et le Maroc.

Un an plus tard, en octobre 1960, il réalisa une nouvelle tournée diplomatique dans les pays socialistes avec un objectif plus économique. Il se rendit en Tchécoslovaquie, en Russie et en Chine. Il fut à chaque fois accueilli avec beaucoup de fraternité et était ovationné par la foule à chaque apparition publique. Il prit ainsi la mesure de la popularité de la Révolution cubaine à travers le monde.

Enfin, sa participation à la Conférence du Conseil interaméricain économique et social de Punta del Este, en Uruguay, en août 1961 le transforma en figure iconique de la gauche latino-américaine.

La CIA a-t-elle essayé d’assassiner le Che ?

Dès le départ, les Etats-Unis ont opté pour l’assassinat politique des leaders de la Révolution cubaine. La principale cible était Fidel Castro, qui a été la victime de plus de 600 tentatives d’assassinat. Mais le Che et Raúl Castro se trouvaient également parmi les cibles.

Quel a été le message du célèbre discours du Che aux Nations unies en décembre 1964 ?

Ce discours est un réquisitoire contre l’impérialisme, le colonialisme et le néocolonialisme. C’est également un vibrant plaidoyer pour l’autodétermination des peuples d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Cuba représente le symbole de la petite nation qui aspire à la souveraineté sous la menace constante du puissant voisin. De nombreux pays du Tiers-monde se reconnaissent dans la lutte du peuple cubain pour la dignité. Le Che apporte un message de paix et appelle à la coexistence pacifique entre toutes les nations du monde aux modèles de sociétés différents, et non pas seulement entre les pays les plus puissants. Le Che dénonce les agressions impérialistes contre le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Il dénonce également l’impérialisme belge au Congo ainsi que le régime ségrégationniste de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Chose peu connue, le Che lance également l’un des premiers appels au désarmement nucléaire. Il milite également pour l’indivisibilité de la Chine et pour son entrée aux Nations unies. Il termine son discours en dénonçant l’état de siège étasunien contre Cuba et en rappelant la vocation internationaliste de la Révolution.

(à suivre)

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

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