Visite de la présidente du Kuomintang à Pekin

Cheng, ambassadrice de la Paix

22 avril, par Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

Lorsque Mme Cheng a été élue présidente du Kuomintang, en octobre 2025, Xi Jinping lui a adressé ses félicitations. Vue de l’extérieur, cette initiative tactique aurait pu lui être défavorable ; mais c’est le contraire qui s’est produit : elle a débouché sur la visite historique d’avril 2026 et consolidé « le consensus de 1992 ».

Les réconciliations

La photo du duo Xi Jinping et Cheng Li-wun est celle de la réconciliation entre les 2 Partis politiques historiques de Chine.

1-Le Kuomintang a été créé en 1912. Il a dirigé la République de Chine (RP) après la fin de l’empire et le règne des dynasties. A sa tête, l’Histoire retient le nom du Dr Sun Yat Sen comme fondateur de la Chine moderne. Une visite sérieuse en Chine passe par son mausolée. A sa mort, c’est le général Chiang Kai-chek qui lui succède.

2-Le Parti communiste Chinois est créé, en 1921, dans la partie sous occupation française de Shanghai. Ils sont 13 délégués dont Mao, représentant 57 adhérents. Aujourd’hui, le PCC aligne 100 millions d’adhérents très sélectionnés.

Au début de son existence, les 2 partis sont alliés. La Chine est alors occupée par les nations européennes et japonaises. A la mort de Sun Yat Sen, en 1925, le nouveau chef du Kuomintang et du gouvernement, Chiang Kai-Chek, organise la répression contre les communistes. Quasiment défaits, les communistes organisent une retraite dans les montagnes. C’est le début de la Longue Marche qui donne à Mao la stature de chef politique et militaire, et surtout théoricien de l’alliance des travailleurs et de la paysannerie.

Le durcissement de l’invasion japonaise va donner une nouvelle occasion pour réconcilier les 2 partis, le KMT et le PCC. A la fin de la 2e guerre mondiale, les Japonais sont battus. Les discussions s’ouvrent en faveur d’une gouvernance partagée. Tout semble aller dans le bon sens jusqu’au moment où le KMT décide du pouvoir absolu. La guerre civile éclate, remportée par les communistes. Chiang Kai Chek se réfugie sur l’île d’à côté, Taïwan, et relance la République de Chine. Il organisa une féroce répression contre la population autochtone taïwanaise. Il meurt en avril 1975.

La reconnaissance de la Chine communiste

Depuis, le 1er octobre 1949, la République Populaire de Chine (RPC) et le République de Chine (RC) veulent la réunion de la grande nation chinoise, sous leur autorité. Le tournant viendra de l’ONU lorsqu’une majorité de pays vote pour la reconnaissance de la Chine de Mao. De Gaulle sera le premier occidental à reconnaître la Chine communiste, en 1964. Nixon le fera en 1971.

Sauf à être de mauvaise foi, il est difficile d’admettre le discours occidental présentant les communistes voulant s’emparer de Taïwan. Les centres d’intérêts sont différents. Le camp de la paix va proposer une méthode qui aboutira au consensus de 1992. C’est un accord signé par l’Association pour les Relations entre les 2 Rives du détroit de Taïwan, représentant la partie continentale, et la Fondation pour les échanges entre les 2 Rives du Détroit de Taïwan, située sur l’île. Cet accord est important car il a reçu l’aval des autorités des 2 entités. Il proclame l’existence d’une seule Chine mais le respect de 2 systèmes de gouvernance. Entre-temps, l’émergence d’une jeunesse politique taïwanaise pro-occidentale remet en cause ce Consensus et prône l’indépendance. Regroupé au sein du Parti Démocrate Progressiste, ses dirigeants affrontent le KMT jusqu’à lui ravir la présidence du pays.

Situation favorable au camp de la paix

C’est dans ce contexte historique que Cheng est élue à la tête du KMT, en prônant la paix qui repose sur le Consensus de 1992. Le climat politique lui est favorable. Le président taïwanais n’a pas la majorité à l’assemblée de députés, dominés par le KMT. Il veut se fabriquer une majorité. Pour cela, il entreprend une procédure de révocation contre 23 députés. Il leur est reproché d’être « pro-Chine ». Des pétitions ont été organisées et l’opération a échoué, isolant du même coup le camp hostile à la Chine. Les Députés ont remporté une autre victoire : ils ont réduit l’achat des armes américaines de 39 milliards à 11. Enfin, la politique de Trump va ruiner le pays : 10 % de sanction supplémentaire, obligation d’investir 500 milliards de dollars, transfert de technologie, etc.
Voilà pourquoi nous qualifions de nouvelle réconciliation la rencontre entre Xi Jinping, secrétaire général du PCC et chef du gouvernement de Chine et Cheng, cheffe du KMT, et futur dignitaire du pays.

Ary Yée Chong Tchi Kan

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