Christophe Payet : ’Allégeance à nos peuples’

12 juin 2004

Les quatre députés d’outre-mer inscrits au groupe socialiste - Christiane Taubira, Victorin Lurel, Joseph-Louis Manscour et Christophe Payet - soutiennent la liste de l’Alliance.

Certains se sont demandé pourquoi l’ensemble des députés des DOM membres du groupe socialiste apportent leur soutien à la liste de l’Alliance pour l’Outre-mer. Ils ont cru que ces parlementaires faisaient "allégeance à Paul Vergès ou au PCR. Mais nous faisons allégeance à nos peuples", lance Christophe Payet. C’est "la défense des intérêts de nos peuples", la volonté de "faire entendre la voix de l’outre-mer" qui explique ce choix.
"Je croyais être dans un parti démocratique", tonne le député réunionnais, en rappelant que, malgré l’opposition de 60% des socialistes ultra-marins, les instances parisiennes ont imposé la candidature en tête de liste du député européen sortant. "Nous ne pouvons pas admettre ces attaques contre la démocratie" menées par ces mêmes instances, alors que l’Outre-mer avait fait un autre choix.
Cette attitude de mépris vis à vis de l’Outre-mer n’est plus supportable. Il y a quelques années, Aimé Césaire avait lancé : "C’en est fini maintenant de danser au carnaval des autres".
Et il n’y a qu’à lire les titres de la presse antillaise pour comprendre que ce “ras le bol” devant le “diktat” parisien est gigantesque...


Le concept de R.U.P. se “mondialise”

Depuis 20 ans, notamment sous l’impulsion de Paul Vergès, la “spécificité” des régions et territoires d’outre-mer a été prise en compte. Ce fut une longue bataille, elle n’est pas terminée. Mais si le concept, dans un premier temps, n’a concerné que les régions françaises, il a, dans un deuxième temps, concerné les régions du Portugal et de l’Espagne (Canaries, Madère). Il a été analysé, décliné en termes concrets, se référant à l’insularité, à l’étroitesse du marché local, à la pression démographique, à “l’éloignement” des “centres de décisions”...
D’autres pays, d’autres îles, se trouvent aussi, confrontées aux mêmes données. Parce qu’ils sont petits, insulaires, et à ce titre, nettement plus vulnérables aux changements économiques mondiaux.
À leur tour, ils se sont battu pour cette reconnaissance de leur réalité quotidienne (géographique, économique, démographique....), et dans le but de mettre en marche leur développement durable, se sont organisés ; ils se sont réunis à plusieurs reprises. Et le referont dans les prochains mois.


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Témoignages - 82e année


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