Après les attentats de Londres

Condamner le mépris de l’humain

9 juillet 2005

Les attentats de ce jeudi à Londres appellent d’abord à une condamnation sans appel. 50 morts et 700 blessés, une frappe aveugle dans les transports en commun, rien ne peut justifier un tel mépris de l’humain.

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Chaque jour à Londres, 3 millions de personnes prennent le métro, 6 millions le bus. À la suite des attentats de jeudi dernier, tous ces réseaux de transports en commun ont été interrompus, paralysant complètement une des plus grandes villes du monde. C’est donc une frappe aveugle, qui a touché la capitale britannique.
Après les attaques du 11 septembre 2001 à New York, puis celles de Madrid le 11 mars 2004, ce qui s’est passé avant-hier à Londres montre une nouvelle fois que personne n’est à l’abri dans les grandes métropoles du monde occidental.
Maintenant, on voit que les attentats de jeudi ont des conséquences directes pour les Réunionnais avec la mise en œuvre de la phase rouge du plan Vigipirate, qui prévoit par exemple une présence renforcée des policiers dans les lieux publics et une multiplication des contrôles.
Ces attaques successives font prendre conscience que nous sommes bien dans une époque de tous les dangers. N’importe où, à n’importe quel moment, les conséquences d’une guerre qui nous dépasse peuvent nous toucher. C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué un reportage du journal télévisé d’Antenne Réunion, relatant l’angoisse vécue par des familles réunionnaises qui sont encore sans nouvelle d’un de leurs enfants qui vit à Londres.
La mort évitable, que l’on qualifie d’injuste n’est pas réservée aux enfants des pays du Sud, dont un toutes les trente secondes meurt emporté par un terrorisme appelé pauvreté. Les pays riches sont aussi touchés par un terrorisme qui frappe des innocents. Ce sont des faits que la légitime émotion provoquée par l’horreur des attentats de Londres ne doit pas faire oublier.
La pauvreté, tout comme les avions détournés, les bombes meurtrières dans les bus ou les trains, ont des résultats intolérables, qui méprisent la dignité de tout être humain. Nous sommes capables de dialoguer, d’argumenter, de nous comprendre, c’est ce qui différencie l’humain de l’animal et c’est ce qui rend inexcusables, les actes de violence.
Mais il est certain qu’avec le rapide accroissement démographique que connaît la planète, les effets du changement climatique et le triomphe du tout-marché, il risque d’y avoir chaque jour de plus en plus de désespérés qui pourraient céder à la tentation de la violence. C’est un nouvel appel à aller vers des relations plus justes entre les humains.

M. M.


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