Monde

Coronavirus : une gestion unanimement saluée de la crise au Kerala

Dans un Etat de l’Inde où un Parti communiste est membre du gouvernement

Mathieu Raffini / 22 avril 2020

Bien qu’étant l’un des Etats les plus densément peuplés d’Inde, touchée comme tous les pays du monde par le COVID-19 (15122 cas pour 603 morts le 21 avril), le Kerala est aujourd’hui unanimement salué dans sa gestion de la crise du coronavirus.

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Dans l’État du Kerala en Inde, qui compte plus de 34 millions d’habitants, n’ont été recensés que 408 cas de Covid-19, dont 291 guéris pour 3 morts depuis le 10 mars. Ces résultats ne doivent rien au hasard.

Une anticipation des risques

En effet le Kerala, gouverné par le Left Democratic Front, dont est membre le Parti Communiste d’Inde, a depuis longtemps anticipé les risques et est ainsi l’Etat d’Inde le mieux doté d’un point de vue de la santé : il s’agit du 3e où il y a le plus de médecins par rapport au nombre d’habitants, mais surtout celui qui compte le plus grand nombre de place en hôpital par habitants du pays. De plus, les services de soins de proximité sont bien développés, ce qui permet de limiter les frais de santé de la population par rapport aux autres Etats.
Cette bonne organisation préalable a bien évidemment permis de limiter le nombre de cas par rapport au reste de l’Inde, néanmoins c’est grâce à l’innovation dont le Kerala a pu faire preuve que l’Etat est aujourd’hui salué par le reste du monde.

Des mesures innovantes

Ainsi la première mesure qui a été mise en place au niveau du Kerala, bien avant la décision de mettre en confinement l’entièreté du pays de façon totalement improvisée (plus de 2 mois après le premier cas en Inde), a été d’identifier et d’isoler. Dès février, les habitants de retour des pays et régions à risques ont été surveillés, ce qui a rapidement permis d’identifier les 3 premiers cas ainsi que l’ensemble de ceux ayant pu être en contact avec eux (près de 3400 personnes), qui ont donc été placés en confinement. Cela a ainsi servi d’endiguer dès les premiers jours l’épidémie.
Cette politique de mise en quarantaine systématique des personnes à risques a été couplée d’autres mesures, dont notamment le dépistage massif de la population. Aujourd’hui, ce sont près de 18.000 tests qui ont été réalisés depuis le début de la crise.
De plus, de nombreuses places d’hébergements pour les travailleurs migrants et ceux ne disposant pas de logement ont également été mises en place, ainsi que l’organisation massive de cellules de soutien psychologique en téléconférence aux personnes en ressentant le besoin afin de protéger le bien-être de la population.
Enfin, toutes ces solutions innovantes n’auraient pas pu se mettre en place sans une très forte mobilisation des organisations communistes, qu’il s’agisse des partis, des syndicats de travailleurs ou paysans, des organisations de défense des droits des femmes, etc. Cette mobilisation a été suivie par la majorité de la population qui a ainsi pu permettre de promouvoir à l’échelle de l’ensemble de l’Etat ces mesures nécessaires qui permettent de limiter grandement l’épidémie au Kerala et en font un exemple à promouvoir en termes de gestion de crise, et ce au niveau mondial.

Mathieu Raffini