Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
15 juillet 2025, par

Indépendantistes et non-indépendantistes ont signé le 12 juillet un accord sur l’avenir institutionnel de l’île, un an après de violentes émeutes. Le texte acte notamment un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution de la République française.
« Chaque camp, indépendantiste et non indépendantiste, a dû faire des concessions réciproques afin de parvenir à cet accord », s’est félicité sur Facebook Georges Naturel, sénateur Les Républicains de l’île.
Concernant le contenu du texte, intitulé « Le pari de la confiance » sera voté par les calédoniens, par un référendum. Parce qu’il touche à la Constitution de la République française, le Parlement devra d’abord être réuni en Congrès pour le valider.
La Nouvelle-Calédonie va bénéficier d’une modification de son statut, mais le territoire restera français. Le texte acte en effet un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution de la République française, dont l’organisation institutionnelle sera sui generis, et donc inédite.
Ce maintien dans la République s’accompagne de la création d’une double nationalité calédonienne et française. Au début des négociations, le député du FLNKS, Emmanuel Tjibaou, plaidait pour la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.
« Le peuple kanak n’a jamais abdiqué sa souveraineté et n’y renoncera jamais », lançait-il, selon des propos rapportés par La1ère. Si l’indépendance n’a pas été atteinte, le futur « État de la Nouvelle-Calédonie » pourra également être reconnu par la communauté internationale, selon l’accord.
Ouverture du corps électoral provincial
L’une des mesures phares de l’accord est l’ouverture du corps électoral pour les élections provinciales. Concrètement, une fois que le texte sera entériné, toutes les personnes nées en Nouvelle-Calédonie ainsi que celles y résidant depuis au moins 15 ans de manière continue pourront voter.
Auparavant, ce corps électoral excluait les résidents arrivés après 1998. La modification des listes électorales, contenue dans le projet de loi constitutionnel de 2024, avait provoqué d’importantes émeutes et enflammé l’archipel. Les indépendantistes accusaient l’État de vouloir « minoriser encore plus le peuple autochtone kanak ».
« Les Loyalistes et Le Rassemblement se félicitent que ce choix respecte la volonté souveraine exprimée par les Calédoniens à trois reprises, lors des référendums de 2018, 2020 et 2021 de maintenir la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française », ont écrit dans un communiqué les deux partis politiques.
« Une nouvelle page de l’histoire de l’île »
L’accord aborde l’économie avec un « pacte de refondation économique et financière » qui prévoit notamment un « plan stratégique » pour le nickel, ressource-clé du territoire. Il prévoit la relance d’une activité de transformation du nickel en province Nord, majoritairement peuplée de Kanak, où l’usine de nickel a fermé l’an passé, licenciant 1.300 personness.
« Cet accord censé garantir un statut "pérenne" à la Nouvelle-Calédonie sera soumis au vote des Calédoniens en mars ou avril 2026 », indique le journal Les Nouvelles calédoniennes. Les prochaines élections provinciales pourraient être organisées en mai ou juin 2026, selon le média.
« La Nouvelle-Calédonie ouvre aujourd’hui une nouvelle page de son histoire », se félicitent les loyalistes. L’accord est « imparfait et incomplet », a noté Georges Naturel, « mais il a au moins le mérite d’exister pour donner à nos compatriotes calédoniens un signal fort de concorde et d’espoir de la part de leurs élus ».
« L’espoir renaît pour la Nouvelle-Calédonie. Profonde émotion et confiance sincère pour l’avenir des Calédoniennes et des Calédoniens », a écrit la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet sur X, tandis que le ministre des Outre-Mer Manuel Valls salue « le choix du courage et de la responsabilité ».
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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