Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
2 novembre 2014

Le directeur de l’Institut Africain de la Gouvernance, le Dr. Maurice Engueleguele, a exprimé jeudi à Dakar, sa joie par rapport à la détermination du peuple burkinabè revendiquant le départ du président Blaise Campaoré, qui avait tenté de changer la Constitution de son pays pour briguer un autre mandat.
« Je suis extrêmement enchanté par le changement qui se passe au Burkina. C’est la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui s’applique. Notre institut est heureux que ce soit le cas. La Charte africaine a été ratifiée et est entrée en application, mais tous les pays africains ne la respectent pas », a souligné M. Engueleguele, à la fin du 3ème dialogue annuel sur la gouvernance et la démocratie en Afrique, basé sur le thème « Faire taire les armes : renforcer la gouvernance pour prévenir, gérer et résoudre les conflits en Afrique ».
« Il faut que les peuples africains se lèvent pour imposer à leurs gouvernements le respect de cette Charte comme c’est le cas du Burkina. J’espère que les autres pays suivront l’exemple », a-t-il martelé.
Cette rencontre de haut niveau a vu la participation des Etats membres et des organes de l’Union Africaine (UA), des Communautés économiques régionales (CER), des institutions des Nations unies, d’éminentes personnalités et des universitaires qui ont débattu afin d’explorer des stratégies pour mettre fin aux conflits violents en Afrique et proposer des recommandations à mettre en œuvre au niveau de l’UA et des Etats membres.
Ainsi, plusieurs défis ont été identifiés à travers les différentes séances de travail des participants. Il s’agit, entre autres, du déficit de recherches et de données empiriques pour une meilleure compréhension et des interventions visant à prévenir et à résoudre des conflits, l’inefficacité des institutions de gouvernance démocratique légitime pour la prévention des conflits, le commerce et l’acquisition faciles d’armes et leur circulation sur le continent, le monopole continu du pouvoir par les hommes politiques, et la fragilité de certains Etats.
Selon les participants, plusieurs normes et cadres ont été adoptés pour promouvoir la démocratie et l’Etat de droit en Afrique, mais une absence de mise en œuvre persistante empêche leur traduction en réalité, comme les développements en cours au Burkina Faso qui constituent une menace pour la paix et la sécurité sur le continent.
S’inspirant des diverses contributions au cours du dialogue, les participants recommandent à l’UA et les CER d’apporter un appui politique et technique aux Etats membres, en vue du renforcement de leurs capacités institutionnelles et administratives afin qu’ils puissent prévenir et gérer les situations de conflit, mais aussi garantir des interventions appropriées pour assurer le développement équitable et la fourniture de services à leurs citoyens.
Ils ont également interpellé les deux organisations à aider l’Afrique dans la gestion de ses ressources naturelles, souvent mal exploitées.
« Les ressources naturelles de l’Afrique doivent être gérées avec efficacité pour favoriser la transparence et lutter contre la fuite illicite des capitaux et leur exploitation irresponsable. L’UA et les CER devraient aider les Etats membres, à travers des actions coordonnées et le renforcement des capacités, à mettre en œuvre la Vision Minière de l’Afrique », ont-ils précisé dans les recommandations.
Pour eux, l’objectif de « Faire taire les armes » relève également de la responsabilité de toutes les parties prenantes du continent, notamment les acteurs non étatiques tels que les organisations de la société civile, le secteur privé, les organisations confessionnelles, la communauté universitaire, les associations féminines les mouvements de jeunesse et la communauté internationale.
Ils ont exhorté l’UA à diffuser largement les recommandations du dialogue afin de faciliter et d’appuyer sa mise en œuvre effective.
La cérémonie de clôture a été présidée par le directeur de la promotion et de la bonne gouvernance au ministère de l’Intégration africaine du Sénégal, Ibrahima Dème.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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