APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Faire du Bureau international du travail (BIT) un acteur incontournable des sommets économiques
31 mars 2009

Les ministres du Travail du G8 - Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Russie - de plusieurs pays émergents - Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud et Egypte - se rencontrent jusqu’à aujourd’hui à Rome. Ils tentent d’apporter des réponses aux conséquences sociales de la crise financière.
"People First - Affronter ensemble la dimension humaine de la crise" : tel est le nom de la rencontre qui se tient depuis dimanche et jusqu’à aujourd’hui à Rome. Elle rassemble les ministres du Travail d’un G8 élargi à plusieurs pays émergents, l’OCDE, le FMI et l’Organisation internationale du Travail (OIT). Assurant actuellement la présidence du G8, l’Italie propose un "Pacte global de protection sociale" qui offrirait « des garanties aux personnes déjà touchées par la crise ainsi qu’à celles qui pourraient l’être » comme base de négociation.
L’enjeu est de taille : selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage a touché plus de 200 millions de personnes dans le monde en 2008. Ses prévisions pour 2009 ne sont guère plus optimistes : le taux de chômage mondial pourrait atteindre un niveau se situant entre 6,3 et 7,1% de la population, ce qui se traduirait par 24 à 52 millions de chômeurs supplémentaires à l’échelle mondiale.
Le Fonds monétaire international dit prendre aussi la mesure de la catastrophe sociale qui s’annonce. Le FMI table sur une contraction du PIB mondial comprise entre 0,5% et 1% en 2009, entre 3 et 3,5% pour les économies avancées devraient « menacer de jeter des millions de personnes dans la pauvreté », s’est alarmé lundi 23 mars le directeur du l’institution, Dominique Strauss-Kahn. Il a également assuré que le FMI allait désormais poser une nouvelle « conditionnalité sociale » pour l’octroi de ses prêts : « une partie de l’aide devra être utilisée pour protéger les plus vulnérables », notamment avec des « filets de sécurité » sociaux.
Cette réunion devrait aboutir à une déclaration commune visant à « aborder le développement économique selon une approche intégrant les aspects sociaux et environnementaux », explique un conseiller technique du cabinet de Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat chargé de l’emploi qui représente la France à Rome. Il s’agira désormais d’associer systématiquement le BIT aux grands sommets économiques internationaux - sommet du G8, du G20, réunions de l’OMC, du FMI, etc.
La déclaration commune de clôture de ce sommet social devrait également définir en détail un certain nombre de mesures visant à éviter le retour du chômage de masse, comme le recours à la formation professionnelle, à l’aménagement du temps de travail ou au chômage partiel, tout essayant de redynamiser le marché du travail via une certaine flexibilité pour les employeurs. « C’est la déclinaison de la politique de "flexisécurité" mise en place depuis deux ans en Europe », poursuit ce conseiller du secrétaire d’Etat à l’emploi. Ces conclusions seront transmises aux dirigeants qui participeront au sommet du G20 le 2 avril prochain à Londres.
5 fois plus pour les banques
Une étude récente réalisée par l’Institut International d’Etudes Sociales du BIT note en effet que les plans de relance actuels menés dans 32 pays, dont les membres du G20, penchent largement en faveur du sauvetage des banques et des réductions d’impôts, plutôt que la création d’emplois et la protection sociale. Le rapport précise qu’en moyenne les plans de relance budgétaire pour l’économie réelle sont cinq fois plus faibles que les plans de sauvetage financier.
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