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Une commission d’enquête sur les massacres
11 octobre 2004

Le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a mis sur pied jeudi une commission d’enquête pour déterminer si un génocide a été commis dans la région soudanaise du Darfour déchirée par la guerre et nommé un magistrat italien pour diriger cette enquête. La commission de cinq membres va aussi enquêter sur les cas signalés de violations du droit humanitaire international et des droits de l’Homme par toutes les parties au Darfour, où les milices arabes djandjawids sont accusées de meurtre et de viol contre des milliers de villageois.
Kofi Annan a mis sur pied cette commission d’enquête à la suite d’une demande du Conseil de sécurité dans une résolution adoptée le mois dernier sur les crises humanitaires et sécuritaires au Darfour, une vaste région appauvrie de l’Ouest du Soudan.
Environ 1,4 million de personnes sont déplacées au Darfour, alors que 200.000 autres sont réfugiées au Tchad voisin, dans ce que les responsables de l’ONU ont qualifié de pire crise humanitaire du monde.
Dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité, cette commission est aussi mandatée pour identifier les auteurs de tout acte de génocide "en vue de s’assurer que des comptes soient demandés aux responsables de ces actes".
La commission a trois mois pour achever ses travaux et présenter un rapport à Kofi Annan et ces cinq membres vont se rendre sous peu au Soudan.
Le GIC invite à éviter une autre guerre au Soudan
Le Groupe international de crise (GIC) basé à Bruxelles, a averti qu’une guerre pourrait encore éclater au Soudan, à moins que des négociations entre Khartoum et le Mouvement/armée de libération du peuple soudanais (SPLM/A) qui ont repris le 7 octobre, ne débouchent "rapidement sur un accord de paix final". Dans son dernier rapport intitulé "Double crise au Soudan : Se concentrer à nouveau sur l’IGAD" rendu public à Nairobi jeudi, le GIC a invité la communauté internationale à faire face aux multiples conflits de ce pays, "de manière globale et urgente". L’engagement récent de la communauté internationale envers le Darfour, dans l’Ouest du Soudan, tout en étant nécessaire, doit être assorti d’une attention égale accordée au processus de paix dirigé par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a indiqué le GIC.
"La communauté internationale s’est finalement concentrée sur la crise au Darfour, après avoir ignoré pendant des mois, les atrocités commises dans cette région", a déclaré Suliman Baldo, le directeur du Programme Afrique du GIC. "Malheureusement, une conséquence de cette trop grande attention accordée au Darfour, est l’ombre faite aux autres conflits dans ce pays, particulièrement à la guerre entre le gouvernement et les insurgés principalement sudistes, dirigés par le SPLM/A, qui a fait plus de deux millions de victimes au cours des deux dernières décennies".
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