Manifestations dans les lycées pour revendiquer des moyens pour le service public

De Madagascar à la France : la Gen Z manifeste

30 septembre, par Manuel Marchal

Un an après le soulèvement de la Gen Z à Madagascar, la jeunesse française investit à son tour la rue. Dans les lycées, une colère née de problèmes très concrets — manque d’enseignants, classes surchargées, établissements dégradés, pression scolaire — se transforme en mouvement collectif. Avec une mobilisation largement relayée sur les réseaux sociaux et une répression qui fait polémique, une génération entend désormais faire entendre sa voix.

En septembre 2025, la jeunesse malgache était descendue dans la rue pour dénoncer d’abord les coupures d’eau et d’électricité. Le mouvement Gen Z avait rassemblé des milliers de jeunes et contribué à l’arrivée au pouvoir d’un groupe de militaires qui prit d’assaut le Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra.

Un an plus tard, en France, une autre génération Z investit l’espace public. Le mouvement lycéen est parti le 21 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil, notamment autour du manque d’enseignants. Il s’est rapidement étendu : environ 180 établissements étaient perturbés lundi 28 septembre, selon le ministère de l’Intérieur. Les revendications portent également sur les classes surchargées, les bâtiments dégradés, les conditions d’études et la sélection des bacheliers à l’entrée à l’Université liée à Parcoursup.

Dans les deux cas, la mobilisation s’appuie fortement sur les plateformes numériques.

En France, la répression des mobilisations lycéennes fait débat. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 164 interpellations et de plusieurs blessés. Une enquête de l’IGPN a été ouverte après la diffusion d’une vidéo montrant un tir de lanceur de grenade à courte distance contre un lycéen à Saint-Ouen-l’Aumône.
De Madagascar à la France, un même signal apparaît : une génération qui refuse de rester spectatrice. Elle réclame des réponses sur son quotidien, son avenir et la société dans laquelle elle devra vivre. La question est désormais de savoir si cette parole sera entendue avant que la confrontation ne prenne le dessus sur le dialogue.
Car un an après Madagascar, la Gen Z française vient de montrer qu’elle aussi sait descendre dans la rue. Et qu’elle entend bien ne plus être simplement regardée comme une génération à venir : elle veut être entendue aujourd’hui.

M.M.

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