Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Opposition à l’austérité
3 février 2015

Contre toute attente, le président américain Barack Obama a déclaré « on ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression », sur CNN, chaîne télévisée. Ce dernier et trois Prix Nobel d’économie ont décidé de se rallier à la nouvelle ligne politique du gouvernement, Alexis Tsipras.
Le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, issu du parti de gauche radicale Syriza, a reçu dimanche 31 janvier, le soutien du président américain, qui a assuré que les créanciers ne pouvaient plus « pressurer des pays qui sont en pleine dépression », ajoutant qu’ « à un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes ».
Actuellement, la dette publique de la Grèce se situe à 321 milliards d’euros, soit 175 % du produit intérieur brut (PIB) et appartient pour plus de 70 % aux créanciers internationaux. Ainsi, le FMI en détient 32 milliards, la BCE 27 milliards, les Etats de la zone euro 53 milliards, et le Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé en 2010, en détient 141,8 milliards.
Pour pouvoir rembourser cette dette, il faudrait consacrer toute la richesse générée dans le pays durant deux ans, ce que craignent les marchés et empêche Athènes de se financer de manière autonome. Pour de nombreux économistes, le plus efficace pour comprimer ce fameux ratio dette/PIB serait d’augmenter le PIB grâce à une croissance plus stable. Contrairement aux conditions imposées par la troïka qui imposent aux pays de consacrer chaque année au désendettement des excédents budgétaires péniblement dégagés.
Il est ainsi demandé chaque année à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) allant jusqu’à 4,5 % du PIB, ce qui pèse sur les Grecs et le système social. Cette situation se traduit pour le prix Nobel d’économie Paul Krugman par « tirer du sang à une pierre. Ou c’est imiter Sisyphe, ce personnage mythologique condamné, pour avoir défié les dieux, à pousser pour l’éternité une lourde pierre jusqu’au sommet d’une montagne, dont elle retombe à chaque fois ».
Face à cette déclaration, le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a assuré que « la bonne stratégie pour Sisyphe est d’arrêter de pousser son rocher, pas de monter jusqu’en haut de la colline ».
Le Fonds Monétaire International a reconnu à plusieurs reprises que les mesures imposées dans certains États européens pour réduire la dette n’ont pas fonctionné, pire elles ont porté atteinte au bien-être des peuples. L’institution a aussi reconnu avoir sous-estimé les effets récessifs de la rigueur budgétaire, car « maintenir un surplus de quelque 4 % du PIB pendant plusieurs années pourrait se révéler difficile ».
Le 22 janvier, trois jours avant la victoire électorale de Syriza, 18 économistes de renom, tels que les prix Nobel Joseph Stiglitz et Christopher Pissarides, ont demandé « un nouveau départ » pour la Grèce, dans le quotidien américain, The Financial Times.
Ces derniers ont demandé « une réduction de la dette, en particulier bilatérale » due par la Grèce aux États européens, un moratoire sur le paiement des intérêts, et « un montant significatif d’argent » pour financer de grands investissements, et les importantes réformes, dont celles proposées par Syriza.
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