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Mauritanie
Mort de l’ancien président de la République
16 octobre 2003

Le premier président de la Mauritanie indépendante Moktar Ould Daddah est décédé mardi dans la soirée, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, où il avait été admis depuis plusieurs semaines, au service des soins intensifs et de la réanimation, a appris hier de bonne source la PANA.
Sorti du coma, l’ancien chef de l’État, qui avait été placé sous l’assistance de nombreux appareils depuis quelques jours, ne pouvait plus reconnaître ses visiteurs, ni s’exprimer, selon un de ses proches qui jugeait alors son « état de santé stationnaire ».
Âgé de 79 ans, Moktar Ould Daddah avait été élu pour la première fois en 1961, président de la République islamique de Mauritanie dont il fut Premier ministre. Il avait en plus été réélu à la présidence de la République en 1966, en 1971 et en 1976 pour un nouveau mandat de cinq ans interrompu avant son terme, par un coup d’État militaire en juillet 1978.
Après 15 mois de détention au camp militaire de Oulata, en Mauritanie, il avait pris le chemin d’un long exil de 23 ans en Tunisie, puis en France, d’où il était rentré au pays en juillet 2001. Estimant de son « devoir » de laisser aux jeunes Mauritaniens son témoignage sur l’Histoire et le « riche passé » de leur pays, l’ancien chef de l’État avait décidé de publier, le 27 octobre prochain, ses mémoires aux Éditions Karhala à Paris, sous le titre "La Mauritanie contre vents et marées".
« Dès le 28 novembre 1960, nous avons décidé, contre vents et marées, en dépit de notre pauvreté, de notre dépendance vis à vis de l’extérieur et des revendications territoriales de nos voisins, d’imposer le jeune État mauritanien sur la scène internationale, de rassembler en un seul peuple, des populations aux cultures diverses, et d’insuffler à celui-ci le désir et la volonté de bâtir un avenir commun, meilleur pour eux-mêmes et pour les générations futures », écrit Moktar Ould Daddah dans un passage de ses mémoires.
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