Guerre contre l’Iran : Trump recule sous la menace d’une destitution pour incapacité à gouverner et capitule face à la résistance des Iraniens

Défaite de l’impérialisme, Israël plus que jamais isolé

9 avril, par Manuel Marchal

Menacé de destitution après des menaces d’anéantissement contre l’Iran, Donald Trump a dû reculer. Sous la pression de plus de 70 élus démocrates réclamant l’impeachment ou l’activation du 25e amendement, il a accepté un cessez-le-feu de deux semaines fondé sur le plan iranien en dix points qui prévoit notament le départ des soldats yankees du Moyen-Orient. Téhéran revendique une « victoire historique » et ouvre des négociations à Islamabad au Pakistan, alors qu’Israël, plus que jamais isolé, continue de bombarder le Liban en violation d’un point encadrant le cessez-le-feu accepté par les USA.

L’escalade verbale de Donald Trump — promettant qu’« une civilisation entière » pourrait disparaître — a provoqué un séisme politique à Washington. Plus de 70 parlementaires ont appelé à son départ, par impeachment ou via le 25e amendement (incapacité à gouverner). Le sénateur Ed Markey a exigé l’ouverture immédiate d’une procédure de destitution. Chris Murphy a dénoncé des propos indignes d’un chef d’État. À la Chambre, Ro Khanna a évoqué une violation du droit international par la menace de perpétrer des crimes de guerre.
Acculé, Trump a annoncé, à la veille de l’ultimatum qu’il avait lui-même fixé, une suspension des attaques et un cessez-le-feu « bilatéral » de deux semaines. Un revirement brutal, révélateur d’un isolement croissant.

Le communiqué de Téhéran : fermeté et ouverture conditionnelle

Dans un communiqué daté du 7 avril 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères, Sayed Abbas Araghchi, a confirmé que l’Iran répondait à une demande américaine de négociations, transmise par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir.
Au nom du Conseil suprême de sécurité nationale, il a posé une ligne claire :
« Si les attaques contre l’Iran cessent, nos puissantes forces armées mettront fin à leurs opérations défensives. »
Téhéran annonce également qu’un passage sécurisé par le détroit d’Ormuz sera garanti pendant deux semaines, sous coordination iranienne.

« Victoire historique » et plan en dix points

Le texte intégral du Conseil suprême de sécurité nationale revendique une « défaite historique » infligée aux États-Unis et à Israël, et affirme que Washington a accepté comme base de négociation le plan iranien en dix points : non-agression, maintien du contrôle d’Ormuz, reconnaissance du droit à l’enrichissement de l’uranium, levée de toutes les sanctions contre l’Iran, abrogation des résolutions onusiennes et de l’AIEA visant l’Iran, réparationsdes dégâts causés par les bombardements américano-israéliens, départ des militaires américainsdu Moyen-Orient et fin des hostilités contre l’ensemble de « l’Axe de la Résistance », c’est-à-dire le Yemen et le Liban.
Les négociations doivent s’ouvrir à Islamabad le 10 avril pour une durée maximale de quinze jours. Téhéran insiste : la trêve n’est pas la paix, mais la prolongation du champ de bataille sur le terrain diplomatique.

Tel Aviv continue de bombarder le Liban violant déjà le cessez-le-feu

Au Liban, le Hezbollah a accepté la trêve de deux semaines et cessé ses ripostes vers le nord d’Israël, selon des sources proches du mouvement. Mais le gouvernement israélien, dirigé par l’extrême droite, prétend que l’accord irano-américain n’incluait pas le front libanais. Les attaques israéliennes sur le sud du Liban se poursuivent, accompagnées de nouveaux ordres d’évacuation.
Cette dissociation fragilise la portée réelle du cessez-le-feu. Comment parler d’apaisement régional quand un théâtre de guerre demeure actif ?

Au bord de la chute du régime à Washington

Au-delà du Moyen-Orient, l’épisode révèle une crise majeure aux États-Unis. L’usage d’une rhétorique d’anéantissement, suivi d’un brusque revirement, interroge la stabilité du régime. La menace de destitution n’a pas déjà abouti — pour l’heure — mais elle a pesé.

M.M.

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