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1er Mai
Pour la paix et l’emploi
3 mai 2003

Nous reproduisons ci-après un article paru dans ’l’Humanité’ d’hier. Il fait un tour d’horizon de différentes manifestations qui se sont déroulées dans le monde jeudi, à l’occasion du 1er mai.
C’est la manifestation la plus symbolique de ce 1er mai : le Parti communiste irakien a appelé les travailleurs à se rassembler dans les rues de Bagdad. La crise irakienne a été évoquée dans la plupart des défilés organisés hier à travers la planète. Banderoles et slogans ont condamné l’attitude impérialiste des États-Unis.
Mais dans un contexte de crise économique mondiale, ce 1er mai a surtout traduit l’inquiétude des travailleurs face à la hausse du chômage et au développement de la précarité. Sans être exceptionnelle, la mobilisation à l’étranger a prouvé que syndicats et travailleurs comptent bien influer sur les grands rendez-vous économiques mondiaux à venir, comme le G8 organisé début juin à Évian.
En Asie, c’est au Japon que les défilés ont été les plus fournis. Au moins 220.000 manifestants ont exigé du gouvernement de Tokyo des mesures de protection de l’emploi alors que les faillites se multiplient et que le taux de chômage approche ses niveaux records. En Indonésie, plusieurs milliers de personnes ont réclamé la démission de la présidente Megawati et de son ministre du Travail, accusés d’être les « valets des impérialistes » dans un pays où les salariés sont démunis face aux conditions de travail imposées par les grands groupes étrangers. Dans ces deux pays, les syndicats ont également demandé l’inscription du 1er mai comme un jour férié. Pas de défilé d’envergure en revanche à Pékin, où l’épidémie de pneumopathie atypique empêche actuellement tout rassemblement de foules.
En Russie, les revendications ont surtout porté sur la hausse des salaires et des minima sociaux, victimes du passage au libéralisme sauvage. À Moscou, ils étaient entre 15 et 20.000 à exiger des pouvoirs publics une « vie décente » pour tous alors qu’un quart de la population ne gagne même pas le minimum vital. Parmi eux, beaucoup de militants communistes. Des milliers d’autres personnes ont défilé en province. Chez le voisin ukrainien, près de 10.000 manifestants ont répondu à l’appel des partis communiste et socialiste sur les mêmes revendications de hausse des salaires et des pensions face à l’effondrement du niveau de vie.
En Allemagne, c’est la politique de plus en plus libérale du gouvernement qui a provoqué une forte participation des syndicats et des travailleurs. Autre pays européen à s’être mobilisé : l’Italie. Les trois principaux syndicats du pays, dont la CGIL, ont tenu un meeting unitaire à Assise, et ce malgré des divergences sur l’attitude à adopter face aux agressions du Premier ministre Silvio Berlusconi sur le droit du travail. Toujours en Europe, Athènes a également fait la preuve de sa capacité de mobilisation : plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel des principaux syndicats et des partis politiques de gauche. « Non au néolibéralisme et à l’occupation de l’Irak » : les manifestations ont revendiqué à la fois une plus grande justice sociale et l’arrêt de la politique unilatéraliste de Washington.
En Israël, les fonctionnaires et les agents publics ont cessé le travail hier (jeudi - NDLR) pour la deuxième journée consécutive. Depuis le 30 avril, les syndicats ont lancé un vaste mouvement de grève générale illimitée afin de protester contre le programme d’austérité décidé par le gouvernement d’Ariel Sharon.
Enfin à Dakar, des centaines de personnes ont défilé sous la bannière de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) pour réclamer l’amélioration des conditions de travail après des mois de crise économique, ainsi que « l’annulation de la dette » des pays pauvres (voir Hommage de l’A.N.C. au soutien des travailleurs à la démocratie).
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