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L’Union africaine veut que l’importance du continent soit prise en compte
6 juillet 2005

Le 5ème sommet de l’Union africaine (UA) s’est ouvert lundi en fin de matinée à Syrte, en Libye, avec la participation des représentants des 53 pays membres de l’UA dont une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement.
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Selon l’AFP, un consensus a déjà abouti lundi soir sur une déclaration et une résolution qui seront soumises à l’ONU. Les États membres de l’UA demandent deux sièges de membre permanent avec droit de veto au Conseil de sécurité, a appris l’AFP.
"Les textes ont été adoptés. Nous voulons demander unanimement les deux sièges au Conseil de sécurité", a déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères rwandais, Charles Murigande qui représente le président, Paul Kagame.
Les chefs d’États et de gouvernement "sont d’accord sur l’essentiel, l’obtention pour l’Afrique de deux sièges de membre permanent au conseil de sécurité, avec droit de veto", a déclaré à l’AFP un haut fonctionnaire de l’UA sous couvert d’anonymat.
Préalablement à l’adoption de ces textes, le sommet s’est ouvert avec plusieurs discours prononcés dans la matinée. Le secrétaire général des Nations unies Koffi Annan, le président de la Commission de l’Union européenne José Manuel Barroso, le président palestinien Mahmoud Abbas ainsi que d’autres invités ont pris place à la tribune du sommet.
Dans son allocution prononcée à cette occasion, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a notamment plaidé en faveur de l’intégration africaine, soulignant que la création des "États-Unis d’Afrique" contribueront au développement de l’Afrique.
Pour le colonel Kadhafi, la mise en place des ministres africains chargés, entre autres, des Affaires étrangères, de la Défense, du Commerce extérieur, de l’Environnement, et des Communications et du Transport pourra aider les pays africains à mieux gérer leurs affaires et faire entendre leur voix sur la scène internationale.
Kadhafi a par ailleurs critiqué certains pays qui accordaient leur aide aux pays africains avec des conditions inacceptables et non conformes aux spécificités de l’Afrique. Selon lui, une Afrique unie et bien mobilisée pourra résoudre elle-même ses problèmes.
Kadhafi a également exprimé son soutien à la réforme des Nations unies, en particulier au renforcement du rôle de l’Assemblée générale de l’ONU.
À l’ouverture du sommet, le président de la Commission de l’UA Alpha Oumar Konare, Koffi Annan, Jose Baroso, Mahmoud Abbas et le président en exercice de l’UA, le président nigérian Olusegun Obasanjo ont aussi pris la parole. Dans leurs allocutions, ils ont tous émis le souhait de voir émerger une Afrique unie, forte et en paix, capable de résoudre ses problèmes par ses propres moyens.
Ce sommet de l’UA qui doit durer deux jours, se penche sur quatre sujets principaux, à savoir l’endettement des pays africains et l’aide publique au développement, le règlement des conflits en Afrique, la position à prendre par l’UA sur la réforme des Nations Unies et les propositions libyennes sur l’intégration africaine.
An plis ke sa
o Pour une participation massive des populations
L’avancée de l’intégration africaine ne pourra pas se faire sans une participation massive des populations, notamment des jeunes, a déclaré lundi à Syrte Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine (UA), dans son allocution prononcée à l’ouverture du 5ème sommet de l’UA.
Pour Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali, en vue d’accélérer l’intégration africaine, les populations du continent doivent participer massivement à la vie des institutions de l’UA et cette dernière doit prendre en charge les préoccupations des populations par des réponses concrètes. Dans ce contexte, selon lui, il est indispensable de renforcer les institutions de l’UA dont la Commission, le Parlement panafricain, le Conseil économique, social et culturel et les autres.
o Un fonds des Nations Unies pour la démocratie
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a annoncé, lundi à Syrte, l’institution d’un Fonds pour la démocratie pour aider les pays cherchant à établir ou à renforcer leurs systèmes démocratiques. S’adressant au 5ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), Kofi Annan a déclaré qu’un certain nombre de pays membres de l’ONU avaient déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à apporter leur contribution à ce fonds et invité les autres nations à faire de même. Il a annoncé que la création de ce fonds s’appuyait sur le fait que faire fonctionner des institutions démocratiques "peut exercer une pression sur les ressources d’un pays pauvre".
L’Afrique, a déclaré le chef de l’institution onusienne, "a bien des raisons d’être fière" de ses avancées démocratiques, ajoutant que "davantage de pays africains ont réussi, aujourd’hui plus que par le passé, à élire démocratiquement leurs gouvernements".
o Rompre avec les réflexes néo-coloniaux
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a préconisé lundi à Tripoli la création d’un pacte "ambitieux" entre l’Europe et l’Afrique qui devrait réexaminer les principes et valeurs régissant les relations entre les deux continents. José Manuel Barroso a déclaré que ce pacte devra refléter "l’égalité, une appropriation et un dialogue sincère en lieu et place de la culpabilité ou de la charité comme éléments déterminants de notre partenariat". Il a affirmé que cette égalité signifie une "rupture d’avec les réflexes néo-coloniaux et paternalistes et cherche à établir une relation qui reflète le vrai esprit et le potentiel des Européens et des Africains".
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