APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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10 janvier 2012

C’est une approche pluridisciplinaire qui a permis de retracer l’histoire du bananier, au travers des âges et des continents. Biologistes généticiens, linguistes et archéologues ont en effet croisé leurs recherches pour comprendre l’évolution du bananier depuis les formes sexuées jusqu’aux formes comestibles d’aujourd’hui produisant des fruits dépourvus de graines. Voici les premiers résultats de ces recherches, dans un communiqué publié par le CIRAD.
De nombreux types de bananiers sauvages poussent spontanément dans diverses régions du Sud-Est asiatique. L’Homme s’y est intéressé très tôt, pas uniquement pour le fruit qui comportait au mieux un peu de pulpe autour de graines très dures, mais aussi pour ses fibres, ses vertus médicinales et comme matériau d’emballage ou de construction…
Lorsqu’ils partaient explorer les îles voisines, les hommes embarquaient plantes et animaux nécessaires à leur survie, et bien sûr des bananiers. Et c’est de la mise en contact sur place de formes génétiques jusqu’alors isolées que vont apparaître des formes stériles (diploïdes puis triploïdes) que l’Homme va sélectionner. Certaines de ces formes ont été ensuite largement dispersées et sont aujourd’hui cultivées dans le monde entier pour le marché international de la banane dessert, mais surtout comme aliment de base de millions de personnes.
Ces variétés de bananes restent toutefois très fragiles et reposent sur une base génétique étroite. Les maladies, le manque d’eau, la salinité des sols poseront à court terme de gros problèmes dans la plupart des pays producteurs. Aussi, des scientifiques australiens, belges et français ont-ils additionné leurs compétences pour recouvrer au mieux ces processus de domestication et de diversification des diverses variétés de bananiers dans le monde en vue d’assurer leur durabilité.
L’histoire ancienne du bananier
« L’hypothèse de bananiers primitifs déplacés entre les îles du Sud-Est asiatique, et jusqu’en Inde, pour donner la diversité des génomes des formes cultivées actuelles a été corroborée par l’étude des mots relatifs aux bananiers », explique Xavier Perrier, chercheur au CIRAD.
Des linguistes ont ainsi décrypté, dans les centaines de langues parlées en Asie du Sud-Est, des familles de mots qui nomment les variétés de bananiers. Leur connaissance des règles d’évolution de ces langues leur a permis de distinguer, dans une même famille, les formes primitives et dérivées et donc de retracer la dispersion géographique de ces mots, et par là, des peuples qui utilisaient ces mots et cultivaient ces bananiers.
Des études archéologiques ont permis de dater les évènements majeurs de cette histoire. C’est ainsi qu’il y a 7.000 ans, des peuples de Papouasie Nouvelle-Guinée cultivaient déjà des bananiers tandis qu’il y a 2.500 ans, des bananiers étaient déjà présents sur la côte Ouest de l’Afrique !
Cette approche pluridisciplinaire a été initiée à l’occasion du Congrès international d’Archéologie de Dublin en 2008, suivi d’un numéro spécial de la revue “Ethnobotany Research and Application”, en 2009. Les résultats de cette étude viennent de recevoir une reconnaissance par leur publication dans la revue “PNAS”. Tout récemment, le groupe s’est retrouvé à Bruxelles pour définir et programmer la poursuite de ces travaux à l’interface des sciences biologiques et humaines.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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