Crise du capitalisme occidental

Économie mondiale : le FMI alerte sur une accumulation de risques

22 septembre, par Manuel Marchal

L’économie mondiale résiste mieux que prévu, mais cette résilience ne doit pas masquer une accumulation de risques. Inflation persistante, coût croissant de la dette et emballement des investissements dans l’intelligence artificielle figurent parmi les principales menaces identifiées par la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

À New York dans le cadre d’une édition spéciale du Qatar Economic Forum, la directrice générale du Fonds monétaire international a appelé à la prudence. « L’inflation est persistante. Nous ne prévoyons pas une résolution rapide », a-t-elle déclaré. Cette situation pourrait contraindre plusieurs banques centrales à maintenir, voire renforcer, une politique monétaire restrictive.
La lutte contre la hausse des prix a cependant une autre conséquence : elle renchérit le coût du service de la dette. Alors que les États sont confrontés à des charges financières plus importantes, les appels à la consolidation budgétaire se multiplient. Kristalina Georgieva constate toutefois qu’il existe « beaucoup de compréhension de la nécessité » de réduire les déséquilibres budgétaires, mais « pas assez d’action ».

L’intelligence artificielle, nouveau risque financier concentré aux États-Unis

Autre source d’inquiétude : l’ampleur des investissements consacrés à l’intelligence artificielle. Le FMI surveille notamment les mécanismes de financement reposant sur l’endettement et des formes de financement circulaire entre acteurs du secteur.
Le risque est particulièrement concentré aux États-Unis, mais ses conséquences pourraient largement dépasser leurs frontières. Une partie importante de la chaîne d’approvisionnement de l’IA se trouve en effet en Asie et en Europe.
Kristalina Georgieva met en garde contre un possible décalage entre les attentes considérables placées dans l’IA et les résultats effectivement obtenus. « Si l’IA déçoit, parce que nous avons ces attentes élevées, […] la déception pourrait potentiellement conduire à un choc pour le système », avertit-elle.
Le FMI doit publier en octobre ses nouvelles prévisions économiques mondiales. Elles devraient continuer à intégrer un niveau élevé de risques.
Pour autant, la responsable du FMI souligne que la croissance mondiale, autour de 3 %, constituerait « une réussite considérable » compte tenu des nombreux chocs traversés ces dernières années. Elle cite notamment la rapidité avec laquelle les acteurs économiques ont réagi aux perturbations de l’approvisionnement énergétique.

« Le monde est moins uni »

Cette résistance ne signifie cependant pas un retour à la stabilité. « Le monde est moins uni », reconnaît Georgieva, tout en soulignant que les économies restent interdépendantes. Dans ce contexte, elle résume la situation par une formule : « Les risques sont élevés et l’incertitude est la nouvelle normalité. »
Pour les économies dépendantes des importations d’énergie, des marchés financiers et du commerce mondial, cette nouvelle période d’incertitude rappelle surtout que les chocs internationaux continuent de se transmettre rapidement aux économies locales.

M.M.

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