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11 avril 2025, par

Le président français tente de contrecarrer les plans de son homologue américain Donald Trump à Gaza en évoquant une possible reconnaissance d’un Etat palestinien par la France, ce qui s’inscrirait dans un mouvement réciproque de reconnaissance d’Israël par les pays arabes.
Emmanuel Macron pourrait franchir le pas en juin à l’occasion d’une conférence aux Nations unies destinée à favoriser la création d’un Etat palestinien, coprésidée par la France et l’Arabie saoudite.
Le chef de l’Etat français a toutefois inscrit sa décision dans une « dynamique collective », impliquant aussi la reconnaissance de l’Etat d’Israël par les pays, notamment de la région, qui ne l’ont pas encore fait.
« Tout ce qui peut empêcher la mise en œuvre du plan proposé par Donald Trump et endossé par les Israéliens sur Gaza est bon à prendre même si c’est relativement ambigu », a estimé Agnès Levallois, vice-présidente de l’Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.
Cette décision est délicate, car les Saoudiens de leur côté conditionnent toute reconnaissance d’Israël à la création d’un Etat palestinien. « Je pense que c’est voulu pour rester générique et pour ne pas être clivant », a indiqué à l’Agence France Presse, Hasni Abidi, enseignant au Global Studies Institute de l’Université de Genève.
« Si la reconnaissance par la France de l’État de Palestine est conditionnée d’abord à celle par les pays arabes d’Israël, c’est un non-sens. Elle ne va pas aboutir », a indiqué ce dernier.
En 2020, les accords d’Abraham initiés par Donald Trump lors de son premier mandat ont mené à la reconnaissance d’Israël par les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, ainsi qu’une normalisation des relations avec Tel Aviv.
Mais plusieurs pays du Golfe ne l’ont toujours pas fait, comme la Syrie, le Liban ainsi que l’Algérie et la Tunisie. L’Arabie saoudite, qui avait aussi entamé des négociations pour une normalisation de ses relations avec Israël, les a suspendues après le début de la guerre à Gaza, déclenchée par les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Emmanuel Macron a approuvé le plan arabe pour la reconstruction de Gaza, en s’opposant « fermement aux déplacements de populations » évoquées par Donald Trump. Le président américain, proche allié du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a déclaré à plusieurs reprises ses ambitions de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en expulser ses habitants pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient ».
Lire aussi : Le plan financier de la paix de Donald Trump à Gaza
Agnès Levoillois a indiqué l’initiative du président français pourrait avoir « plus de poids » si elle s’inscrivait dans un cadre européen. Actuellement, 147 pays ont reconnu l’Etat palestinien, mais des pays européens tels que l’Allemagne et l’Italie ne l’ont toujours pas fait.
Le président français espère ainsi faire jurisprudence, après l’Irlande, la Norvège, l’Espagne et la Slovénie en 2024, et pousser vers la « solution à deux Etats », palestinien et israélien.
Le gouvernement de Benjamin Netanyahu est farouchement opposé à une telle issue. Une reconnaissance unilatérale par la France d’un « Etat palestinien fictif » sera une « récompense pour le terrorisme et un coup de pouce pour le Hamas », a martelé le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.
Emmanuel Macron espère convaincre Israël, en mettant en avant le désarmement du Hamas, la sortie de ses principaux cadres de Gaza et la mise en place d’engagements de sécurité collective dans la région.
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