Empêtré dans des guerres sans fin, Trump va-t-il accueillir Xi Jinping ?

22 juillet, par Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

Le 14 mai, Trump était en visite en Chine. Il déclare publiquement : « Merci Xi Jinping pour cette faste réception. Je vous invite vous et votre femme à la Maison blanche, le 24 septembre ».

Personne ne sait si cette date a été convenue d’un commun accord. Dans l’entourage de son interlocuteur, il n’y a eu aucune reprise. Trois mois et demi pour un tel déplacement c’est un peu court mais le plus important c’est le contexte et les messages. Il reste 2 mois pour boucler le calendrier.

Son pays est en guerre

Dans son discours d’investiture, le 25 janvier 2025, Trump anticipe son bilan de mandature en ces termes : « Mon plus grand héritage sera celui d’un faiseur de paix et d’un unificateur. C’est ce que je veux être : un faiseur de paix et un unificateur. » Or, le 28 février 2026, il a pris la décision de bombarder l’Iran et d’assassiner ses dirigeants politiques, religieux et scientifiques. Ce jour-là, on dénombre 160 morts dans une école primaire pour filles. Le trafic maritime est perturbé. Les pays de la région qui abritent les bases américaines sont touchés. Les principaux centres névralgiques d’Israël et les villes importantes sont détruits par l’Iran. Les États-Unis ont créé le chaos et ne sont plus capables de protéger leurs amis. Le chef de la plus puissante armée du monde vit la peur au ventre depuis que l’Iran appelle à la vengeance. Une fuite des bases américaines installées au Moyen-Orient, comme au Vietnam et en Afghanistan, n’est pas à exclure.

Il creuse la dette publique

Trump n’arrive pas à enrayer la dette publique qui frôle les 40 000 milliards de dollars. Il soumet toute l’économie mondiale à des pressions afin d’en tirer de nouvelles recettes. C’est insuffisant, car les dépenses de guerre creusent le trou. Et ce, malgré une certaine embellie. Selon l’OCDE, la croissance serait de 2 % en 2026 et 1,8 en 2027, non inclu l’impact de la crise énergétique. Si la fourniture de pétrole est paralysée, les États-Unis seront responsables de l’augmentation des prix et de la pénurie. La diminution des stocks affecte déjà certaines compagnies aériennes du pays.

Pendant ce temps, la Chine change le monde

C’est dans ce contexte mouvementé que Trump compte recevoir XI Jinping dans 2 mois. Quel est l’intérêt du dirigeant communiste d’honorer cette invitation ? Il arrive en triomphateur de l’économie dans la nouvelle ère. Il n’est pas en guerre. Il apporte un message de stabilité et de responsabilité. Il appelle à la concertation et à la coopération. Il rappelle qu’il n’y a qu’une seule humanité. Il énonce ses « Initiatives » stratégiques pour une communauté de destin partagée. Sur ce plan, la Chine n’a pas d’équivalent. Il est même possible qu’elle célèbre en grande pompe, le 3 septembre, le 10e anniversaire de sa ratification du Traité sur le Climat qui eut lieu à Hangzhou, à la veille du G20, en 2016. La Chine est le premier pays signataire. Par ailleurs, le dirigeant communiste est l’initiateur de l’Organisation mondiale de coopération en matière d’Intelligence Artificielle qui compte 29 pays fondateurs. Une nouvelle civilisation est en gestation. Cela devrait intéresser les nombreux acteurs de l’IA d’échanger avec XI Jinping sur l’avenir de ce secteur de pointe. Ne rêvons pas : Trump ne laissera pas le champ libre au président chinois.

Ary Yée Chong Tchi Kan

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