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Inégalités en hausse après plus de 7 ans de gouvernement socialiste
8 mars 2005

Depuis 1997, la Grande-Bretagne est dirigée par un gouvernement socialiste, conduit par Tony Blair. Et au moment où les pays de l’Union européenne décident de l’adoption ou pas du traité constitutionnel, une étude de l’hebdomadaire “New Statesman” montre que la frontière entre libéraux et socialistes peut quelquefois être étroite. Où est l’alternance ? Depuis 8 ans, les inégalités ne cessent de s’accroître au profit des plus nantis. Le gouvernement britannique défend le projet de traité constitutionnel.
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Selon les chiffres de l’Office national britannique des statistiques, publiés dans le “News Stateman”, la richesse globale des 1% de Britanniques les plus riches, soit 600.000 personnes, a doublé en 6 ans de gouvernement des travaillistes, les socialistes britanniques. La fortune moyenne des plus nantis est maintenant de 1 milliard 123 millions d’euros.
Conséquence, la part de richesse du pays détenue par les Britanniques les plus privilégiés est passée de 20 à 23%. Dans le même temps, si l’on considère les 50% des Britanniques les plus pauvres, la part de ces derniers a diminué : de 10% à 5%.
Les riches plus riches
"Grâce à la politique suivie, ou non suivie, par Tony Blair et Gordon Brown, les Britanniques les plus riches donnent à l’État une plus faible part de leurs revenus que le reste d’entre nous", affirme le New Statesman, un hebdomadaire pourtant considéré proche des travaillistes.
Ce dernier a calculé que si l’on prend en considération tous les impôts (locaux, TVA...), les 20% de Britanniques les plus nantis versent 34% de leurs revenus à l’État. De leur côté, les 20% de Britanniques les plus pauvres reversent à l’État 42% de leurs revenus. Étonnant de la part d’un gouvernement dit de gauche...
Cela montre que la fiscalité qui vise à désengager les plus riches de leurs responsabilités dans la contribution à l’effort national n’est pas le privilège d’un gouvernement libéral type Raffarin. C’est aussi le cas chez un gouvernement dit de gauche, arrivé au pouvoir après plus de 15 ans d’ultra libéralisme. Avant les travaillistes, le gouvernement conservateur avait en effet démantelé une grande partie des droits sociaux, comme, par exemple, la retraite, la sécurité sociale.
Alternance mais pas alternative
Sans oublier les privatisations à marche forcée des services publics, dont les Britanniques paient quotidiennement les conséquences. Les accidents à répétition sur un réseau de chemin de fer vendu au secteur privé en sont l’illustration. Force est de constater que l’alternance proposée par les socialistes britanniques n’est pas revenu fondamentalement sur cette politique.
Cela n’est pas la première fois que des études montrent que les inégalités s’accroissent en Grande-Bretagne, mais celle publiée par le “New Stateman” marche encore davantage sur le résultat d’une politique conduite par un gouvernement d’alternance dit de gauche, mais qui comme son prédécesseur conservateur épargne les plus nantis, et fait payer aux plus démunis les conséquences de l’augmentation des inégalités.
Convergences entre ultra-libéraux et socialistes
Cette année, se dérouleront les élections législatives en Grande-Bretagne. Le mode d’élection à un tour est censé favoriser les “grands partis”. Les Britanniques devront choisir entre des conservateurs qui ont pratiqué une politique de casse sociale quand ils étaient au pouvoir et des socialistes britanniques qui ne proposent pas la réduction des inégalités à leur programme.
La participation sera-t-elle au rendez-vous, ou ne risque-t-on pas d’aller vers un régime de type de celui en vigueur aux États-Unis ? En effet, à peine plus d’un électeur sur deux choisit entre deux partis qui proposent quasiment la même chose.
Enfin, n’oublions pas qu’en Grande-Bretagne, pays où il n’existe pas de salaire minimum, le gouvernement travailliste et le principal parti d’opposition, les conservateurs, appellent à voter pour le traité constitutionnel.
Manuel Marchal
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