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Le droit d’ingérence humanitaire doit s’appliquer pour cesser les bombardements de Kiev, que font les défenseurs des « droits de l’Homme » ?
22 février 2022, par

Après l’annonce d’un projet de la Douma demandant la reconnaissance des Républiques du Donbass, le président de la Russie a reconnu les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. En tant que chef de l’armée russe, il demande aux militaires d’intervenir pour faire cesser les bombardements du gouvernement ukrainien sur une population que Kiev ne considère manifestement pas comme ukrainienne. C’est la stricte application du droit d’ingérence humanitaire déjà mis en oeuvre à maintes reprises pour sauver une population menacée par les décisions de son propre gouvernement. Mais parce que Washington veut faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN avec la complicité du gouvernement ukrainien, le droit d’ingérence humanitaire devient « l’invasion de l’Ukraine ». Si l’OTAN n’existait plus, nul doute que les Européens auraient depuis longtemps déployé une force d’interposition appuyée par l’ONU dans l’Est de l’Ukraine.
La semaine dernière, une réunion internationale sur la sécurité s’est tenue à Munich en Allemagne. Lors de cette rencontre, le président de l’Ukraine est intervenu pour demander à ses homologues occidentaux un calendrier clair pour l’adhésion de son pays à l’OTAN. Il semble bien que vouloir participer à l’extension de l’influence des Etats-Unis en Europe de l’Est est une décision qui brouille totalement l’analyse des événements vus d’Europe et diffusée largement à l’opinion réunionnaise.
Les faits sont pourtant d’une simplicité biblique.
La destruction de l’URSS en 1991 a créé de nouveaux Etats dont certains n’avaient jamais existé. L’Ukraine de l’Ouest est une région qui fut intégrée à la Russie, puis au Royaume de Pologne-Lituanie avant de revenir intégralement à l’Empire russe à la fin du 18e siècle. L’Ukraine du Sud et de l’Est était dominée par l’Empire ottoman, avant d’être colonisée par l’Empire russe au 18e siècle qui y créa des villes nouvelles peuplées par des Russes et des Européens attirés par les avantages accordés par les tsars. Les descendants des Européens s’intégrèrent à la culture russe.
Après l’effondrement de l’Empire russe et la guerre victorieuse de la nouvelle URSS contre les puissances occidentales soutenant les tsaristes, l’Ukraine devint une République socialiste soviétique. Les frontières de la RSS d’Ukraine devinrent celle de la République autoproclamée d’Ukraine en 1991, qui fut ensuite reconnue internationalement. L’URSS était un Etat multiculturel où la pratique de la langue russe permettait à tous de se comprendre. Les frontières administratives des RSS ne coïncidaient donc pas toujours avec celles des aires des différentes langues maternelles parlées par les citoyens soviétiques. C’était le cas de l’Ukraine, où la langue majoritairement parlée à l’Ouest dans les anciennes régions du Royaume de Pologne-Lituanie n’est pas la même que dans celles qui furent peuplées par les Russes à l’Est et au Sud. Or, c’est à l’Est que s’est développée la puissance industrielle de la RSS d’Ukraine, tandis que les ports se situent au Sud.
Le pouvoir central ukrainien devait donc garantir à la minorité russophone de l’Est et du Sud les mêmes droits politiques et culturels qu’à la majorité ukrainophone de l’Ouest. Cet équilibre a manifestement été préservé pendant une vingtaine d’années, jusqu’à ce qu’il soit menacé par la politique d’extension de l’OTAN vers l’Ouest et ses conséquences sur l’Ukraine. Les russophones d’Ukraine majoritairement opposés à l’adhésion à l’OTAN. Ils se sont également sentis menacés par les décisions prises par le gouvernement ukrainien visant à diminuer l’autonomie de leurs régions. C’était la crainte de devenir une minorité qui n’aurait plus le pouvoir dans les régions où elle était démographiquement majoritaire. L’offensive de l’armée ukrainienne dans le Donbass en 2014 entraîna le retour de la Crimée au sein de la Russie, et amena à la proclamation des Républiques de Donetsk et de Lougansk. L’implication des grandes puissances dans la résolution du conflit amena à une stabilité actée dans les Accords de Minsk. Cette stabilité reposait sur un engagement de l’Ukraine : renoncer à adhérer à l’OTAN.
La semaine dernière, le gouvernement ukrainien a remis en cause les Accords de Minsk : elle donna l’ordre à l’armée ukrainienne de se masser aux frontières des Républiques de Donestk et de Lougansk. Les sirènes retentirent alors dans les rues de Donestk : le gouvernement de Kiev avait donné l’ordre de bombarder la population. La plupart des gouvernements européens ont décidé de ne pas réagir face à ces exactions, et ont décidé de soutenir la position de l’OTAN dirigé par Washington : présenter l’agresseur comme l’agressé et dérouler le tapis rouge au président ukrainien venu à la conférence de Munich réclamer l’accélération de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
Les civils sont alors contraints d’aller se réfugier en Russie, les dirigeants des Républiques du Donbass considèrent qu’ils ne peuvent pas compter sur les Européens pour assurer leur sécurité et Donestk proclame la mobilisation générale face à la menace de guerre.
Si le gouvernement de l’Ukraine décide de bombarder une partie de la population de nationalité ukrainienne vivant au Donbass, c’est parce qu’il considère que cette population n’est pas ukrainienne. Si prompt habituellement à agir pour protéger les victimes d’une telle agression, les Européens ne demandent pas l’intervention d’une force d’interposition sous l’égide de l’ONU au nom du droit d’ingérence humanitaire.
Pour sa part, le gouvernement russe ne peut envisager de laisser des russophones se faire bombarder sans réagir. Il a donc décidé de reconnaître l’indépendance des Républiques du Donbass, car il est clair que Kiev ne considère plus les habitants de ces territoires comme étant des Ukrainiens. Cette reconnaissance est suivie de la décision de demander à l’armée russe d’intervenir pour faire cesser les bombardements. Le moyen d’intervention le plus efficace est de s’interposer directement face à l’armée ukrainienne, et donc d’entrer sur le territoire des Républiques du Donbass.
C’est que Washington appelle « envahir l’Ukraine », et c’est le prétexte recherché pour justifier l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN afin de menacer militairement la zone la plus peuplée de Russie.
Ceci prouve une fois de plus que l’OTAN dirigée par Washington est la principale menace pour la paix en Europe. Si l’OTAN avait été dissoute à la fin de la Guerre froide, nul doute que les gouvernements européens auraient agi différemment. Ils auraient œuvré pour mettre en place une force d’interposition sous l’égide de l’ONU pour protéger la population du Donbass au nom du droit d’ingérence humanitaire déjà utilisé à maintes reprises lorsqu’un gouvernement décide de bombarder une partie de sa population. Mais via l’OTAN, Washington impose sa volonté aux gouvernements européens.
M.M.
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Messages
22 février 2022, 11:05, par Maillot Joseph Luçay
Ce qui est surprenant dans cette affaire , c’est que ni l’assemblée générale des nations unies , ni son conseil de sécurité n’ont été appelés à se prononcer sur la conformité des positions et actions des parties prenantes par rapport au droit international en vigueur .
Il y a une situation de guerre dans le Dombass ,et des crimes sont probablement commis de part et d’autres . on parle de plus de 14000 morts depuis 2014 certains parlent de génocide ,et actuellement on constate qu’une grande partie de la population va se réfugier à l’est ou à l’ouest selon leurs affinités pour se mettre à l’abri .
Pourquoi l’ONU reste silencieuse et ne se prononce pas officiellement sur cette situation dramatique .? Le président Poutine a t-il le droit de proclamer unilatéralement l’indépendance d’une partie des territoires de l’Ukraine parce que ces territoires comptent une majorité de russophones ? . s’il y a une réelle volonté d’indépendance ne doit elle pas s’exprimer par un référendum comme cela a été le cas , en 2014 pour la Crimée mais dans des conditions beaucoup moins contestables sous la surveillance et le contrôle des nations unies .
Certains voudraient que l’OTAN intervienne en Ukraine , mais on oublie que le rôle de l’OTAN est d’abord de protéger ses adhérents ainsi que les membres de l’Union européenne . Pour que l’OTAN puisse intervenir en Ukraine actuellement il faudrait que celle ci soit adhérente à l’Union européenne et lui en fasse la demande ,ou qu’elle soit mandatée par l’ONU qui a compétence pour intervenir partout dans le monde sur décision de son assemblée générale ou de son conseil de sécurité comme elle l’a fait en Afrique et au Moyen Orient .
Cet immobilisme de de l’ONU sur cette situation de l’Ukraine s’explique peut être par le droit de veto de la Russie au conseil de sécurité , mais l’Assemblée générale des Nations unies ne peut être bloquée par un droit de véto . . Il faut qu’elle soit saisie officiellement et elle prendra les dispositions qui s’imposent, soit envoyer ses casques bleus soit donner un mandat d’intervention armée à certains de ses membres notamment les USA comme cela a été le cas pour les guerres du golf soit mandater une organisation militaire comme L’OTAN .
L’initiative du président Macron de créer un mini sommet des chefs d’états les plus importants pour ramener la paix en Ukraine est certainement très honorable mais si le président Poutine continue à jouer double jeu comme il l’a fat ces temps ci , cette initiative ne servira à rien ou plutôt servira les intérêts de Poutine dont l’ambition est de reconstituer l’ex empire soviétique .
A mon avis il est temps que l’ONU prenne clairement position sur cette dramatique affaire Ukrainienne qui pourrait dégénérer rapidement en conflit mondial par le jeu des alliances existantes
24 février 2022, 10:18, par oscar dudule
bonjour M.Maillot .
C’est fait depuis ce matin la Russie de Poutine est en train d’envahir l’Ukraine ;
La force l’emporte .l’armée ukrainienne n’a pas les es moyens de s’y opposer. L’ Ukraine n’est pas dans l’Otan, donc aucune action .
Quant à l’ONU , tout le monde sait bien qu’elle ne sert à rien . M^me en cas de condamnation , la Russie va opposer son droit de véto.
petite statistique. Depuis la création de l’ONU, URSS puis Russie, 115 vétos ; USA 82 ; RU 29 ;,France 16, chine 16 ;
Pour tous les pays il y a parfois des vétos conjoints.