La première puissance économique mondiale est le pays le plus touché par le coronavirus

États-Unis et crise du COVID-19 : preuve par l’absurde de la faillite d’un système

10 avril 2020, par Mathieu Raffini

Avec déjà plus de 466.000 cas recensés dont plus de 16.000 décès depuis le début de la crise, les États-Unis sont aujourd’hui le pays le plus touché par le COVID-19, et la courbe semble encore loin de s’inverser. Si l’on ne peut que déplorer ce sinistre amené par cette pandémie, il faut cependant noter, que, comme dans l’ensemble des pays occidentaux qui sont aujourd’hui les plus touchés, cette crise sanitaire est accentuée par un système politique en faillite, dont les conséquences sont nombreuses et terribles pour la classe sociale la plus pauvre, dont on peut imaginer qu’elle est, ou sera la plus meurtrie.

La première raison de l’ampleur de cette crise est celle du fonctionnement du système de santé américain, celui-là même que nos dirigeants politiques successifs tentent d’appliquer depuis des dizaines d’années, et qui a engendré la catastrophe que l’on connaît actuellement.

La loi du marché prévaut

En effet, comme dans la quasi-totalité des secteurs aux États-Unis, la loi du marché prévaut, ce qui signifie que le privé a la main libre pour l’organiser comme il l’entend. Ainsi, s’il existe en théorie une couverture maladie publique (Medicare-Medicaid), celle-ci ne couvre qu’une faible partie de la population, et surtout n’apporte qu’une faible protection. Le reste est porté par des assurances privées, forcément onéreuses et loin d’être accessibles à tous. La même logique se retrouve au niveau des centres de soins et des soignants, où le public est sous-financé et les soignants sous-équipés, à l’inverse du privé. Nous nous retrouvons ainsi dans une situation explosive, où les soignants sont peu ou pas équipés et forcément touchés par le virus, et où engager des soins pour espérer guérir du COVID-19 peut coûter des dizaines de milliers de dollars. A partir de là, on peut aisément comprendre que la situation soit dramatique pour ceux issus de la classe sociale la plus pauvre, dont très peu peuvent se permettre de tels soins et se retrouvent donc pour le plus grand nombre à espérer pouvoir guérir et ne pas rentrer, faute de soins nécessaires, dans les statistiques des décès.
Si les funestes choix politiques qui ont amené à cette catastrophe sanitaire sont évidemment dénonçables, n’oublions jamais que ce système politique et économique engendre d’autres conséquences terribles envers cette même classe sociale.

10 millions de chômeurs de plus

Les conséquences sont ainsi également sociales. En effet, la crise sanitaire peut amener à se questionner sur le bien-fondé des différentes politiques économiques et sociales, et notamment la nécessité de protéger la classe sociale la plus pauvre, qui est de fait la plus économiquement fragile de par les emplois précaires occupés. Mais la loi du marché prévaut toujours. Ainsi, 2000 milliards viennent d’être injectés pour relancer l’économie américaine. Quels ont été les apports pour les plus pauvres ? Dans les deux dernières semaines, plus de 10 millions d’Américains se sont inscrits au chômage, montrant ainsi toute l’inutilité de ces choix de politiques économiques pour les plus pauvres, ces mesures profitant de fait uniquement aux plus riches.
Dans le même temps, le cynisme économique continue, avec par exemple Amazon ou les marchands d’armes qui réalisent des profits records, tout en mettant en danger des centaines de milliers de salariés - mise en danger par ailleurs appuyée par les mesures de confinement aléatoires en fonction des États, dont certains n’ont tout simplement rien fermé malgré le nombre de malades et de décès.

Cynique tentative de manipulation

A travers tous ces exemples, on peut bien voir que le système politique américain est en faillite et entraîne une catastrophe sanitaire et sociale quasi-inédite dans l’Histoire. On ne peut qu’espérer que cela nous serve d’exemple sur les choix à ne pas suivre, ou plutôt à ne plus suivre.
A moins que l’on ne tente de détourner l’opinion, afin que rien ne change ?
Cela semble en effet être le choix fait par Trump et son gouvernement, qui successivement cette semaine a menacé l’Iran puis déployé des forces armées dans le Pacifique et les Caraïbes, officiellement contre le narcotrafic (et visant notamment Maduro, le président du Venezuela) ce qui, dans la période tragique dans laquelle nous sommes semble être une cynique tentative de manipulation…
Le temps aidant, nous verrons bien quels choix politiques auront été faits, entre le soutien à la politique guerrière et la protection sanitaire et sociale de la population, en particulier envers les plus pauvres.

Mathieu Raffini

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