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30 septembre

Au nord de l’Éthiopie, à quelques heures de La Réunion, l’escalade militaire fait planer le risque d’une nouvelle catastrophe humanitaire. Après les années de guerre qui ont dévasté le Tigré, les populations civiles sont à nouveau prises au piège. L’ONU appelle à stopper l’engrenage avant qu’il ne soit trop tard.
Photo : Une ambulance endommagée pendant le conflit dans la région du Tigré, en Ethiopie, en 2021 (UN News)
Le nord de l’Éthiopie replonge dans l’inquiétude. Combats au Tigré et dans les régions voisines, aéroports de Mekelle, Axoum et Shire occupés, routes bloquées, télécommunications perturbées : les conditions nécessaires à l’acheminement de l’aide humanitaire sont progressivement détruites.
Ce sont des millions de personnes qui risquent d’en payer le prix. Lorsque les routes sont coupées et que les avions ne peuvent plus acheminer les secours, les populations privées de nourriture, de médicaments et de soins deviennent les premières victimes. Or l’aide internationale est déjà sous pression financière. Des organisations ont réduit ou suspendu leurs activités alors même que les besoins augmentent.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme alerte lui aussi sur la situation. Des frappes aériennes auraient touché cinq écoles au Tigré le 22 septembre, faisant des morts et des blessés. Dans l’Amhara, une frappe au mortier aurait également causé des victimes civiles. L’ONU fait par ailleurs état de recrutements forcés, y compris d’enfants, ainsi que de meurtres, tortures, détentions arbitraires et déplacements forcés.
Le risque est celui d’un engrenage. La reprise des combats peut provoquer de nouveaux déplacements massifs de population au moment même où les capacités humanitaires sont affaiblies. Une guerre prolongée signifierait davantage de morts, davantage de familles déplacées et davantage de personnes dépendantes d’une aide devenue de plus en plus difficile à acheminer.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle toutes les parties à la plus grande retenue et à éviter « un conflit plus large et plus dévastateur ». L’Union africaine et l’IGAD sont mobilisées pour favoriser le dialogue et permettre la reprise de négociations.
La priorité est de protéger les populations et empêcher une nouvelle guerre avant que la crise ne devienne incontrôlable. L’Éthiopie sort à peine d’un conflit qui a laissé des traces profondes. Une nouvelle escalade militaire ferait peser une menace considérable sur les populations du nord du pays, mais aussi sur la stabilité de toute la Corne de l’Afrique.
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