Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Une loi simplifie la restitution de biens volés par des Français pendant la colonisation
12 mai, par

La France a promulgué le 9 mai une loi facilitant la restitution d’œuvres pillées durant la colonisation. Présentée comme une avancée, cette mesure reste limitée et tardive face à l’ampleur des vols commis en Afrique et en Asie. Après des décennies de luttes, Paris accepte enfin de rendre certains biens mal acquis, comme les trésors d’Abomey ou le Djidji Ayokwe et le days royal de Ranavalona III. Restituer n’est pas un geste de générosité : c’est reconnaître un pillage colonial et réparer une injustice historique.
La France veut aujourd’hui se donner l’image d’une puissance « généreuse » en restituant des biens mal acquis pendant la colonisation. Mais derrière les discours officiels et les grandes déclarations sur la « mémoire partagée », une vérité demeure : ces objets n’auraient jamais dû quitter les peuples auxquels ils appartiennent. Pendant des siècles, la France et ses armées ont pillé l’Afrique, l’Asie et d’autres continents remplissant les musées européens et des places de trésors arrachés par la violence et les massacres.
La loi promulguée le 9 mai permet désormais au gouvernement français de restituer certaines œuvres par simple décret, sans devoir voter une loi spécifique à chaque fois. Paris présente cela comme une avancée historique. Pourtant, il aura fallu attendre des décennies de mobilisations africaines et internationales pour que l’ancienne puissance coloniale reconnaisse timidement une évidence : un bien volé doit retourner à son propriétaire.
Le texte reste d’ailleurs extrêmement limité. Il ne concerne que les biens acquis entre 1815 et 1972, comme si le pillage colonial pouvait être enfermé dans des dates administratives. Surtout, la France conserve le pouvoir de décider seule de ce qu’elle accepte de rendre ou non. Les peuples spoliés doivent encore demander la permission pour récupérer leur propre patrimoine.
Quelques restitutions symboliques ont déjà eu lieu : les trésors d’Abomey au Bénin, le sabre d’El Hadj Omar au Sénégal ou encore le tambour parleur Djidji Ayokwe rendu à la Côte d’Ivoire après plus d’un siècle de confiscation, le days royal de Ranavalona III rendu à Madagascar tandis que sa couronne reste toujours introuvable. Mais ces retours restent infimes face à l’immensité des richesses culturelles accumulées dans les collections françaises grâce à la domination coloniale.
La Chine a également salué cette loi. Rappelons le pillage du Palais d’été de Pékin en 1860 par les militaires français et britanniques.
Cette loi ne doit donc pas être présentée comme un acte de générosité, mais comme le début tardif d’une réparation minimale. Restituer n’est pas offrir. Restituer, c’est reconnaître un vol et rendre ce qui appartient aux peuples colonisés.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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