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Quand Virapoullé promotionne Le Pen
25 avril 2005

Il y a 30 ans, le président de la Relève louait des bureaux aux racistes sud-africains pourtant officiellement boycottés. Aujourd’hui, il ne combat pas Le Pen, mais lui fait un immense cadeau.
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Durant les années 70, le régime d’apartheid d’Afrique du Sud fut mis au ban de la planète. Il fut officiellement condamné et boycotté. Lorsque ce pays voulut ouvrir un consulat à La Réunion, aucun Réunionnais ne souhaita mettre à sa disposition un local en location. Tous, sauf un : Jean-Paul Virapoullé. Le sénateur-maire de Saint-André a été le seul parmi tous les Réunionnais à offrir aux racistes sud-africains une location.
Or, c’est cet homme qui, mardi soir sur Télé-Réunion a laissé croire que voter “non”, c’est voter avec Le Pen et assurer à ce dernier une victoire ! En agissant de la sorte, Jean-Paul Virapoullé ne combat pas Le Pen, mais lui fait un immense cadeau.
Faire l’amalgame entre les motivations des électeurs du “non” et celles de Le Pen et du Front national est pure manipulation. Le débat ouvert par le Traité constitutionnel ne consiste pas en une opposition entre des idées xénophobes et racistes d’un côté et une conception ultra libérale de l’Europe. Les partisans du “non” ne sont pas des adversaires de l’idée européenne. Au contraire, ils veulent la libérer des dogmes de la concurrence et de la rentabilité à tout prix pour rendre possible une Europe sociale, de paix, de fraternité, ouverte et généreuse.
Dans ces conditions, donner une tribune à Le Pen, à La Réunion, alors qu’il y est totalement absent comme l’a fait Jean-Paul Virapoullé, lui attribuer le leadership du “non” c’est lui donner plus de crédit qu’il en a. C’est du Virapoullé tout craché qui, au lieu de démasquer Le Pen, l’instrumentalise et s’en sert comme alibi.
La manipulation consiste aussi à travestir ce qui s’est passé le 21 avril 2002. Ce jour-là, la France comme La Réunion n’ont pas voté Le Pen. Au deuxième tour de la présidentielle, au terme d’une levée en masse mémorable, les Réunionnais et tout particulièrement les progressistes lui ont dit clairement non ! On ne devrait pas non plus oublier qu’ici Lionel Jospin était arrivé en tête à l’issue du premier tour.
Les choses sont donc très claires ; les Réunionnais ont toujours rejeté massivement Le Pen. Et s’ils font triompher, le 29 mai prochain le “non”, ce n’est pas pour faire avancer des idées de haine et xénophobes, ce n’est pas pour nous enfermer sur nous mêmes, mais parce qu’ils veulent une autre Europe et de nouvelles relations entre l’Union et nous. C’est parce qu’ils croient qu’une autre Europe est possible. Renvoyer ceux qui cherchent à relever la tête au vote Le Pen, c’est jouer les apprentis sorciers en faisant cadeau au leader du Front National de votes qui ne lui appartiennent pas.
Jean-Paul Virapoullé reste logique avec lui-même : il y a 30 ans il faisait cadeau d’une location aux racistes sud-africains, aujourd’hui il fait cadeau de nos voix à Le Pen.
J. M.
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