Monde

Fortes tensions au Guatemala pour dénoncer la corruption

Mathieu Raffini / 28 novembre 2020

Une forte contestation sociale, qui se traduit par des manifestations massives dans l’ensemble du pays touche actuellement le Guatemala. Cette crise s’explique par les ouragans qui ont fortement impacté le pays et le budget 2021 qui vient d’être voté.


Plus de 300.000 personnes ont été impactés par les ouragans dont l’année 2020 marque un record historique dans l’Atlantique Nord, avec pas moins de 30 tempêtes ou ouragans au total. Une conséquence évidente du réchauffement climatique que connaît le monde. Dans un pays très fortement marqué par la pauvreté, où près de la moitié des enfants de moins de cinq ans sont touchés par la malnutrition, cela a évidemment fait monter la contestation envers le gouvernement.

Mais ce qui a mené aux manifestations historiques que connaît actuellement le Guatemala est le vote du budget 2021 par le parlement. Ainsi, alors même que le budget précédent n’avait été entamé que de 15%, celui voté pour l’année prochaine est en forte hausse, qui sera financé par un prêt contracté envers le FMI. Mais le réel problème n’est pas cette hausse, mais bien l’utilisation de ce budget. En effet, la corruption étant très importante au Guatemala, les citoyens ont dénoncé l’opacité de ces financements, dont rien ne semble être dirigé vers la lutte contre la pandémie de COVID-19 mais également la création d’un poste de super-ministre attribué à un proche du président.
C’est pourquoi de nombreuses organisations sociales ont appelé à se mobiliser, entraînant d’importantes manifestations dans l’ensemble du pays. Cela a conduit le vice-président à exhorter le président de démissionner avec lui pour mettre fin à la contestation.
Samedi, lors d’une manifestation, la plupart des participants, pacifistes qui réclamaient la démission du président ont été réprimés par les forces de l’ordre. Dans le même temps, d’autres manifestants ont incendié le parlement.

Mathieu Raffini