Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Le monde a changé, et La Réunion ?
24 novembre 2025, par

Le G20 s’est ouvert samedi à Johannesburg, première tenue du sommet en Afrique, sous le thème « Solidarité, Égalité, Durabilité ». L’événement marque la montée en puissance du continent dans la gouvernance mondiale. Malgré l’absence des États-Unis qui assumera la présidence tournante après l’Afrique du Sud, les dirigeants ont adopté une déclaration commune affirmant l’importance du multilatéralisme.
Le sommet du G20 s’est ouvert samedi à Johannesburg, marquant une étape historique : pour la première fois, la plus importante enceinte économique mondiale se réunit sur le sol africain. Sous le thème « Solidarité, Égalité et Durabilité », l’événement incarne la volonté croissante du continent d’occuper une place centrale dans la gouvernance globale et de porter les priorités du Sud global.
Dans son discours inaugural, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rappelé la philosophie qui sous-tend cette édition : « Le G20 souligne la valeur du multilatéralisme […] Les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être résolus que par la coopération. » Il a salué l’adoption d’une déclaration commune comme un signal fort adressé au monde : la conviction que le multilatéralisme peut réellement produire des résultats concrets, à condition que le dialogue prime sur les blocages géopolitiques.
Depuis qu’elle a pris la présidence tournante du G20 en décembre 2024, l’Afrique du Sud a placé au cœur de l’agenda quatre grandes priorités, toutes cruciales pour les pays en développement : renforcer la résilience face aux catastrophes, promouvoir la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu, mobiliser des financements pour une transition énergétique juste et tirer le meilleur parti des minerais stratégiques afin de soutenir une croissance inclusive. Ce positionnement affirme la nécessité d’un ordre économique mondial plus équitable, où les préoccupations des économies émergentes ne sont plus reléguées au second plan.
Convergence sino-africaine moteur essentiel du renouveau du multilatéralisme
La Chine a, de son côté, exprimé un soutien total à la présidence sud-africaine. Pékin se dit prêt à travailler avec l’ensemble des participants pour renforcer le consensus autour de l’ouverture économique et de la coopération au service du développement. Une position saluée par de nombreux observateurs, qui voient dans cette convergence sino-africaine un moteur essentiel du renouveau du multilatéralisme.
Au centre des discussions se trouve également la question de la place de l’Afrique dans les futures structures de décision mondiale. Pour Chrispin Phiri, porte-parole sud-africain, ce sommet doit servir de modèle pour les autres pays africains, qui aspirent à être mieux représentés dans les institutions internationales. « Nous faisons confiance à nos partenaires mondiaux pour soutenir cette ambition », a-t-il déclaré.
L’absence remarquée des États-Unis jette toutefois une ombre sur le sommet. Washington a annoncé qu’il ne participerait pas et qu’il rejetterait toute déclaration finale adoptée sans son accord, une position critiquée par Pretoria. « Nous ne pouvons permettre que la coercition par l’absence devienne un outil diplomatique », a averti Phiri. Malgré ce boycott, les dirigeants présents ont adopté la déclaration finale à l’unanimité, confirmant leur détermination à avancer sans laisser un siège vide paralyser l’action collective.
Avec la fin de son mandat à la tête du G20, l’Afrique du Sud laisse l’héritage d’un sommet qui aura placé notre continent sur le devant de la scène internationale. Le relais sera transmis aux États-Unis le 1er décembre 2025, mais le message de Johannesburg est clair : le multilatéralisme, porté par une Afrique affirmée et un Sud global soudé, reste une force indispensable pour relever les défis planétaires.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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