Monde

G7, OCS, Corée… La ligne de défense de l’Europe vient de céder

Ary Yée Chong Tchi Kan / 16 juin 2018

Du 8 au 12 juin, il s’est passé 3 évènements majeurs qui, remis en perspective, montrent que la ligne de défense de l’Europe vient de céder.

JPEG - 11.6 ko

Comment Donald Trump a-t-il torpillé le G7 ?

Le 1erjuin, il met fin aux exemptions douanières sur des métaux dont profitaient les Européens. Les nouveaux taux passent brutalement à 10% sur l’aluminium et 25% sur l’acier, pour le Mexique, le Canada et l’Union Européenne. C’est une drôle de façon de préparer une rencontre entre amis !

Sonnés, les pays européens s’expriment dans les médias de manière désordonnée. Ils parlent à juste titre de “guerre commerciale” mais ils n’ont aucune ligne de défense ou de contre-offensive qui ressemble à une riposte appropriée, fondée sur une stratégie globale et à long terme. Par exemple, ils auraient pu construire une attitude avec les autres victimes comme le Mexique et la Chine, voire la Russie. Devant cette absence d’audace, Trump accentue la confrontation avec “ses amis”. Il évoque la place de la Russie qui a été éjectée du G8, en 2014. Le sommet vire à la pagaille. Arrivé dernier, il le quitte le premier et finit par ne pas signer la déclaration finale. Comme avant, il y avait déjà, avec les Etats Unis, des divergences profondes sur les dossiers iraniens et du climat, les pays européens étalent au grand jour les faiblesses du G7. Crée en 1975 par Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, la France et l’Allemagne n’ont plus de prise sur la conduite du monde.

L’avenir de l’union est sombre

En effet, la France reçoit le sommet du G7, en 2019, et c’est le pays le plus clivant. Macron vient d’annoncer qu’il serait d’accord pour inviter Poutine alors que le 8 juin, à l’ouverture du G7, il avait signé la déclaration selon laquelle “la position européenne n’est pas un retour de la Russie”. Même à 4 (France, Allemagne, Angleterre, Italie), il n’y a pas d’unité de vue. Or, nous avons encore en mémoire l’échec du G20, à Cannes, lorsque la France présidait aux destinés de ce sommet international. Sarkozy qui venait de bombarder la Libye en mars 2011, n’a pas été capable de définir, en novembre, une plate forme intelligente et honorable pour sortir de la crise grecque et de celle du sur-endettement des ménages américains qui déstabilisait tout, depuis 2008.

Cette incapacité des pays européens a renforcé l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï) dont la 18e rencontre a eu lieu le 9 juin, un jour après l’ouverture du G7. Pour la première fois, l’Inde et le Pakistan ont été accueillis comme membres titulaires. Actuellement, l’Iran est sur le banc des observateurs. Pas pour longtemps. C’est du haut de ce sommet que Poutine a répondu que le G7 devrait arrêter le “bavardage inventif”.

Le monde peut-il continuer à fonctionner à l’ancienne où des groupements se forment sans lien entre eux ? C’est dans ce contexte que le 26e sommet de l’OTAN à Bruxelles, qui se tiendra les 11 -12 juillet ? Plus que jamais, la Russie sera au centre du débat. Auréolée du succès de sa rencontre avec Kim, la ligne offensive de Trump pèsera beaucoup vis à vis des dirigeants européens qui ont vu exploser leur ligne de défense.

Ary Yée Chong Tchi Kan