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Menace de famine au Niger
22 juillet 2005

La famine que connaît actuellement le Niger était une éventualité prévue de longue date par l’ONU, qui avait mis au point une stratégie pour que la population puisse passer ce cap difficile. Mais la nécessaire solidarité internationale s’est fait attendre, du temps a été perdu et la catastrophe s’aggrave d’heure en heure. Un dollar par jour et par enfant aurait suffi à enrayer les progrès de la malnutrition si les donateurs s’étaient mobilisés à temps. Désormais, il ne faut pas moins de 80 dollars pour sauver la vie d’un seul enfant.
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Le 22 juin dernier, le Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, se disait extrêmement préoccupé par la situation au Niger. Selon des informations reçues en juin dernier, 3,6 millions de personnes, soit près du tiers de la population du Niger, sont menacées par la famine. "La sécheresse persistante et l’invasion de plusieurs milliards de criquets pèlerins ont détruit une agriculture déjà fragile. Malgré toutes les mesures prises par le gouvernement de Niamey, la catastrophe est imminente", indiquait un communiqué publié le 22 juin dernier au siège de l’ONU à Genève. Un mois après, ces sinistres prévisions se réalisent car l’appel n’a pas été entendu par ceux qui ont les moyens d’empêcher la catastrophe.
Quelque 2,5 millions de Nigériens survivent avec moins d’un repas par jour en raison d’une crise alimentaire due à la sécheresse et aux ravages causés l’an dernier par les sauterelles, a indiqué aujourd’hui la coordination humanitaire de l’ONU qui qualifie la situation au Niger de "crise oubliée et négligée numéro un" dans le monde.
Appel d’urgence lancé le 19 mai
L’appel d’urgence pour le Niger lancé le 19 mai dernier a été révisé à la hausse la semaine dernière, passant de 16 millions de dollars à 30 millions, après que le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait connaître l’augmentation de ses besoins.
À ce jour, 10 millions de dollars seulement ont été promis par les donateurs.
"OCHA a déployé du personnel supplémentaire au Niger, afin d’appuyer les travaux du Coordinateur résident de l’ONU et de fournir des informations régulières sur la situation", a déclaré aujourd’hui la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l’ONU, à New York. OCHA est l’Office des Nations unies pour la coordination de l’aide humanitaire.
"Catastrophe imminente"
Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, a qualifié la situation au Niger de "crise oubliée et négligée numéro un" dans le monde.
En juin dernier, le Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, s’était dit extrêmement "préoccupé" par la situation au Niger.
"La sécheresse persistante et l’invasion de plusieurs milliards de criquets pèlerins ont détruit une agriculture déjà fragile. Malgré toutes les mesures prises par le gouvernement de Niamey, la catastrophe est imminente", estimait-il il y a un mois.
La FAO avait donné l’alerte depuis longtemps
Le Niger est confronté à une crise alimentaire qui va s’aggravant du fait à la fois de la pénurie et de la hausse continue des prix des denrées locales, notamment le millet, a prévenu, lundi, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un communiqué rendu public le 18 juillet à son siège à Rome, en Italie.
"Vers la fin 2004, la sécheresse et les criquets pèlerins s’étaient abattus en concomitance sur les parties Nord du Sahel, affectant considérablement les communautés rurales sur les terres marginales", indique Henri Josserand, responsable du Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR) de la FAO. "Au Niger, plusieurs années de difficultés économiques ont réduit la capacité de la population à affronter de tels chocs. C’est pour cela que, par rapport à d’autres régions du Sahel, la crise actuelle y est plus durement ressentie. Les populations des régions sinistrées ont de toute urgence besoin de semences et de denrées alimentaires pour tenir jusqu’en octobre", précise le responsable de la FAO.
L’ONU dénonce l’indifférence
Les pays riches sont restés sourds aux appels lancés après la sécheresse au Niger. Résultat : le coût de l’aide d’urgence nécessaire pour sauver des millions de personnes menacées par la famine s’est envolé, déplore le Programme alimentaire mondial.
"Les besoins financiers ont explosé parce qu’il s’agit désormais de sauver des vies", a résumé Giancarlo Cirri, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) à Niamey. "Le comble, c’est que nous avions élaboré une stratégie préventive suffisamment en amont, mais nous n’avons pas pu la mettre en œuvre."
La famine due à la sécheresse et aux invasions de criquets pèlerins menace aujourd’hui 3,6 millions de Nigériens, au premier rang desquels figurent les enfants.
Jan Egeland, responsable de l’Office des Nations unies pour la coordination de l’aide humanitaire (OCHA), a rappelé mardi qu’un dollar par jour et par enfant aurait suffi à enrayer les progrès de la malnutrition si les donateurs s’étaient mobilisés à temps. Désormais, il faut pas moins de 80 dollars pour sauver la vie d’un seul enfant, a-t-il affirmé.
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