Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Solidarité avec le combat de 166 personnes emprisonnées injustement par les dirigeants américains depuis 11 ans et en grève de la faim
26 avril 2013

Nous revenons sur le drame vécu actuellement par des prisonniers détenus arbitrairement dans la prison de Guantanamo par les dirigeants des États-Unis d’Amérique sur la base navale Delta, située sur une enclave américaine à Cuba. Or, le président américain Barack Obama avait promis en 2008 de fermer cette prison. Voici l’éditorial consacré récemment par le quotidien ’Le Monde’ à cet événement, avec des intertitres de ’Témoignages’.
Cela pourrait s’appeler une séance de "gavage" forcé. Elle est destinée à empêcher la mort d’un détenu en grève de la faim. Elle est infligée à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, parce qu’elle a aussi pour objet de punir le prisonnier.
Il est attaché à une chaise, bras, jambes, épaules sanglés. Un tube est inséré dans le nez, relié à l’estomac ; la tête est retenue en arrière. Une dose de liquide vital est administrée. Et le malheureux, un homme, souvent déjà très affaibli, est ensuite reconduit dans sa cellule. Jusqu’au prochain "gavage" chimique.
Un objectif politique
L’objectif est au moins aussi politique qu’humanitaire. Il ne faut pas qu’un détenu réussisse à se suicider en se laissant mourir de faim. Ce serait choquant, déshonorant pour le pays en charge d’une telle prison, n’est-ce pas...
Car cela se passe dans un établissement américain, sur la base maritime dont disposent les États-Unis sur l’île de Cuba, là où, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, ils ont installé la prison de Guantanamo.
Un lieu de non-droit
Depuis douze ans perdure ce scandale que tolère Washington : l’existence d’un lieu de non-droit, un "trou noir" juridico-légal, où sont enfermés des hommes qui, pour la plupart, n’ont été ni jugés, ni même inculpés de quoi que ce soit.
Ils sont supposés terroristes, proches de terroristes, parents de terroristes, familiers de terroristes, "vendus" par des terroristes, dénoncés comme terroristes pour de l’argent ou tout autre motif. Bref, ils sont épinglés à tort ou à raison dans la gigantesque traque lancée par les États-Unis au lendemain des attentats du 11-Septembre.
Privé de liberté sans fin
L’homme nourri de force depuis le 22 mars, et dont "Le Monde" rapporte l’histoire, s’appelle Nabil Hadjarab. Il est à Guantanamo depuis 12 ans, ni jugé, ni inculpé, déclaré « libérable » par les autorités américaines, mais toujours maintenu prisonnier.
Il fait partie de ces malheureux pour lesquels le gouvernement de George W. Bush, alors au pouvoir, a inventé une catégorie "juridique" contraire à toutes les conventions : « combattant ennemi illégal » . Celui-ci peut être privé de liberté sans fin — sans jamais savoir de quoi demain sera fait.
Que font les dirigeants européens ?
Ils sont encore 166 dans cette situation à Guantanamo. Plusieurs d’entre eux ont entrepris une grève de la faim. Certains protestent contre le fait que leur Coran serait l’objet de « fouilles ». Mais, selon leurs avocats, la plupart sont à bout, épuisés de ne rien savoir de leur sort, ayant perdu tout espoir de sortir de "Gitmo".
Plusieurs dizaines d’entre eux ont été déclarés « libérables », donc « transférables » dans leur pays d’origine. Seulement, les Européens n’ont guère fait d’efforts pour accueillir les ex-détenus de Guantanamo qui pouvaient prétendre venir s’installer sur le Vieux Continent.
Un piège total
Quant aux ressortissants de pays du Grand Moyen-Orient, ils savent que, de retour à domicile, ils risquent souvent le pire. Le piège de "Gitmo" est total.
Président et professeur de Droit (1), Barack Obama avait promis d’en finir avec ce scandale. Il n’a pas tenu parole. Il s’est laissé intimider par tous ceux qui, à Washington, privilégient les impératifs de sécurité sur toute autre considération. Il renie les Pères fondateurs de la République américaine. Eux n’entendaient pas sacrifier la justice à la sécurité.
(1) ( Et Prix Nobel de la Paix ! - NDLR)
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