Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Soupçons de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité
5 mars, par

De Gaza à l’Iran, la guerre s’étend et révèle l’impasse morale et politique des puissances occidentales. Accusations de crimes de guerre, bombardements de civils, blocus et impunité diplomatique nourrissent un sentiment d’injustice mondiale. Derrière les discours sur la démocratie, une réalité brutale s’impose : celle d’un ordre international à deux vitesses.
Depuis des mois, les bombes pleuvent et les mots se vident de leur sens. À Gaza et dans les autres régions de la Palestine occupée par un régime occidental d’extrême droite, au Liban, jusqu’aux villes iraniennes visées par des bombardements, les populations civiles paient le prix d’une stratégie militaire qui prétend assurer la colonisation du Moyen-Orient tout en piétinant le droit international. Les autorités de l’État juif en Palestine et leur allié américain affirment agir au nom de la lutte contre le terrorisme ; en face, des commissions d’enquête de l’ONU et de grandes ONG évoquent des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Le chef du gouvernement israélien est d’ailleurs visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale mais peut voyager librement en Palestine occupée et en Occident
Extermination, punitions collectives, destruction d’hôpitaux, d’écoles, de réseaux d’eau et d’électricité : les accusations sont graves et documentées par de multiples rapports. À Gaza, le blocus et les bombardements massifs ont provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent. Au Liban, des quartiers entiers sont réduits à l’état de ruines,. En Iran, les bombardements ont visé une école à Minab assassinant des dizaines d’enfants ; des images diffusées par les médias locaux et relayées à l’international ont suscité l’indignation, tandis que des organisations demandent des enquêtes pour établir les faits et les responsabilités.
Face à cela, que fait l’Occident ? Il invoque le « droit à se défendre », mais reste étrangement silencieux sur le droit des peuples à vivre. Il appelle à la « retenue », tout en livrant des armes. Il parle de « valeurs », tout en bloquant ou en édulcorant des résolutions internationales. Cette diplomatie à géométrie variable nourrit un sentiment profond d’injustice : il y aurait des vies qui comptent et d’autres qui pèsent moins.
La faillite est d’abord morale. Comment prétendre défendre les droits humains en fermant les yeux sur des bombardements de zones densément peuplées ? Comment se réclamer des Conventions de Genève tout en ne condamnant pas des opérations militaires accusées de les violer ? Cette contradiction affaiblit durablement la crédibilité des puissances occidentales.
Elle est aussi politique. En choisissant l’escalade plutôt que le droit, la force plutôt que la négociation, les alliés occidentaux contribuent à l’embrasement régional. Chaque frappe alimente la colère, chaque destruction prépare les conflits de demain. L’idée même d’un ordre international fondé sur des règles communes se délite lorsque ces règles semblent s’appliquer aux ennemis, mais pas aux alliés.
Pourtant, une autre voie existe. Celle du cessez-le-feu immédiat, de la protection effective des civils, de l’ouverture de couloirs humanitaires, de la reconnaissance des droits du peuple palestinien, du respect de la souveraineté des États. Celle d’enquêtes internationales indépendantes pour établir les responsabilités, quelles qu’elles soient. Celle d’une diplomatie courageuse qui rompe avec l’alignement automatique et redonne sa place au droit.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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