L’Iran affirme avoir remporté la guerre, Washington refuse un accord permettant la réouverture du détroit d’Ormuz

Guerre contre l’Iran : le refus américain de la paix fait peser une nouvelle menace sur La Réunion

28 septembre, par Manuel Marchal

Alors que l’Iran affirme avoir remporté la guerre, Washington refuse un accord permettant la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce choix américain prolonge l’incertitude sur une route maritime essentielle à l’économie mondiale et fait peser de nouvelles menaces sur La Réunion.

Le 26 septembre, Donald Trump a rejeté la proposition iranienne visant à permettre la réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de sept jours et à mettre fin aux hostilités. Le président américain a jugé l’accord « inacceptable », affirmant que Téhéran ne faisait cette proposition que parce qu’il « perdait très mal ».
Cette déclaration traduit une volonté de Washington de poursuivre la confrontation plutôt que de saisir l’occasion d’une sortie de guerre. Du côté iranien, un haut responsable militaire affirme que « la guerre n’est pas terminée » et que l’Iran doit désormais consolider sa victoire. Téhéran conditionne notamment la réouverture d’Ormuz à la fin de la guerre économique menée par les États-Unis.
Le détroit est devenu l’un des principaux points de tension de l’économie mondiale. Avant le conflit, environ 125 navires commerciaux y transitaient chaque jour. Leur nombre est désormais tombé à quelques unités certains jours. Or cette voie maritime assurait le passage d’environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.

Conséquences pour La Réunion

Pour La Réunion, les conséquences peuvent être particulièrement importantes. L’île reste fortement dépendante des importations énergétiques. En 2024, 1 302,5 ktep de ressources énergétiques ont été importées, dont 61,6 % de produits pétroliers, utilisés notamment pour les transports, l’industrie, l’agriculture et la production d’électricité.
Une prolongation de la crise peut donc provoquer une nouvelle hausse du coût du pétrole, renchérir le transport maritime et augmenter le prix des marchandises importées. L’effet ne se limiterait pas au carburant : une île qui importe une grande partie de son énergie et de ses biens de consommation est directement exposée aux perturbations des routes maritimes mondiales.
La crise iranienne révèle ainsi une nouvelle fois la vulnérabilité de La Réunion. Tant que l’île restera dépendante de sources d’énergie et d’approvisionnements extérieurs, les décisions militaires prises à des milliers de kilomètres pourront avoir des conséquences directes sur la vie quotidienne et sur l’économie réunionnaise.

M.M.

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