Il fait bon vivre aux États-Unis... Pas pour tout le monde !

5 mars 2007

Le nombre d’Américains vivant en dessous du seuil de pauvreté a atteint son seuil maximum en 32 ans. Le nombre d’Américains acculés à la misère se chiffre par millions. Et l’écart se creuse entre les "démunis" et les "nantis".

16 millions d’Américains vivent aujourd’hui largement en dessous du seuil de pauvreté, soit une augmentation de 26% entre 200 et 2006. Aucune région des États-Unis n’est épargnée. Ainsi, c’est à Washington, la capitale, que l’on trouve la plus grande concentration de gens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Ils représentent en effet 10,8 % de tous les résidents.
Au total, ils sont 37 millions de pauvres, et 46% d’entre eux glissent vers encore plus de pauvreté. Le docteur Steven Woolf, co-auteur de l’étude récente publiée dans “The American Journal of Preventive Medicine”, a pu déclarer : « Ce n’est pas la pauvreté modérée qui a progressé au sein de la population, mais la misère qui affiche l’évolution la plus catastrophique ».

Un tiers des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ont moins de 17 ans, et près de deux sur trois sont des femmes. Les mères célibataires représentent une partie importante de cette population. Près des deux tiers des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté sont des Blancs (10,3 millions), mais les Noirs (4,3 millions) et les Hispaniques (3,7 millions) constituent des tranches disproportionnées.

Les États-Unis affichent également l’un des plus forts taux de pauvreté infantile, d’après la “Luxembourg Income Study”, un projet qui, depuis vingt-trois ans, compare les chiffres de la misère dans 31 pays développés. « C’est une honte », s’insurge Timothy Smeeding, ancien responsable de cette étude et actuel Directeur du Centre de recherche politique de l’Université de Syracuse. « Chaque année depuis que nous avons entrepris cette étude, nous avons été la lanterne rouge ».

Enfin, à l’exception du Mexique et de la Russie, ce sont les États-Unis qui consacrent le plus faible pourcentage de leur produit intérieur brut à des programmes fédéraux de lutte contre la pauvreté. Du reste, toujours selon cette étude, les programmes américains comptent parmi les moins efficaces. Une fois encore, seuls la Russie et le Mexique font pire.

(Sources : “The Miami Herald” et “Courrier International”)


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