Filière canne-sucre

Inauguration d’une première unité de fabrication d’éthanol

Diversification à Maurice sur fond de mondialisation libérale

4 août 2003

Le Premier ministre de Maurice, Anerood Jugnauth, a inauguré vendredi dernier la première unité de fabrication d’éthanol avec de la mélasse mauricienne. Cette installation se situe dans l’enceinte de l’usine sucrière de Rose-Belle, "Alcodis", dans le Sud de l’île.
Dans son discours, le chef du gouvernement mauricien a rappelé que le projet avait été au programme depuis les années 80 et 90. « Aujourd’hui, Alcodis est engagé dans la production d’éthanol. Le gouvernement est heureux de constater la mise à exécution rapide de ce projet », a -t-il dit. Pour le Premier ministre, ce projet vient à point nommé avec l’environnement mondial changeant qui oblige Maurice à fabriquer de nouveaux produits afin de trouver sa niche dans le monde. « Alcodis utilisera la mélasse disponible localement mais, dans un deuxième temps, elle obtiendra une partie de ses matières premières des pays de la région », a laissé entendre Anerood Jugnauth.
Le Premier ministre a également parlé des contraintes de la mondialisation libérale, indiquant que, dans ce contexte, seules les entreprises qui développeront de nouveaux produits connaîtront la réussite.
Pour sa part, le ministre mauricien de l’Agriculture et de la Technologie alimentaire, Pravind Jugnauth, a estimé que seule la diversification intra-sucre assurera la viabilité à long terme de l’industrie sucrière. Commentant la situation de la vente de sucre sur le marché mondial, il a dit que les menaces se précisent davantage avec le dévoilement des intentions du Brésil, de l’Australie et de la Thaïlande.
« Il y va de notre avenir économique. Il faut se rendre à l’évidence que les négociations à venir seront très difficiles. Ces événements nous contraignent à accélérer notre processus de diversification de l’industrie sucrière », a-t-il déclaré. Pour sa part, le PDG de l’entreprise, Roland Maurel, a expliqué que la capacité de production de la société sera, dans un premier temps, de 30 millions de litres d’éthanol par an. Elle offrira en outre de l’emploi à 150 personnes. « Nous avons également une unité de stockage dans le port franc, à Mer Rouge, Port-Louis. De là, l’éthanol sera embarqué directement sur des tankers appropriés à destination de l’Afrique, de l’Europe et des États-Unis », a-t-il dit. "Alcodis", qui a requis des investissements de l’ordre de 14 millions de dollars , est un partenariat entre les groupes Tradhol, Mauvilac et Roland Maurel.

Un plan d’urgence pour sauver les planteurs kenyans
Le président du Kenya, Mwai Kibaki, vient de lancer un appel aux partenaires de l’industrie sucrière en vue de l’élaboration d’une plan d’urgence susceptible de permettre un rétablissement de la filière au moment où les planteurs ploient sous les coups de boutoir des importations de sucre à meilleur marché en provenance de la région de la COMESA.
« Ce plan doit nous montrer la voie à suivre pour devenir compétitifs. Il va aussi nous indiquer la démarche à suivre dans le domaine de la recherche et favoriser l’identification des nouvelles variétés de canne à cultiver », a affirmé le président à Kisumu, dans l’Ouest du Kenya, à l’occasion de l’ouverture d’une foire agricole internationale. Le plan, a encore ajouté le président Kibaki, devrait insister clairement sur la mise en œuvre d’une gestion des importations et des exportations de sucre susceptible de faire de telle sorte que les agriculteurs tirent véritablement profit de leur dur labeur.

Le président kenyan a souligné que le plan doit également se pencher sur la viabilité des usines de transformation de sucre existantes et recommander des fusions, des fermetures ou même, au besoin, la création de nouvelles industries plus efficaces.

Notant que la canne à sucre est le principal pourvoyeur de recettes de la région, Mwai Kibaki a révélé que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour prendre en charge les difficultés qui handicapent ce secteur. « Nous devons revoir la Loi sur le sucre afin de vérifier qu’elle est adaptée aux enjeux qui interpellent ce sous-secteur », a-t-il déclaré. Le président a fait observer que si le Kenya a exporté 23.000 tonnes de sucre vers l’Union européenne au cours des deux dernières années, les possibilités d’exportation du pays à cet égard pourraient être augmentées de 20.000 tonnes si l’on réussit une exploitation optimale de l’Accord de partenariat entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Union européenne (Accord ACP/UE).


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Témoignages - 82e année


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