Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Sortir de l’impasse
25 novembre 2025, par

Le FLNKS accuse l’État français de “passage en force” après le refus de la ministre des Outre-mer de reconnaître ses demandes dans le cadre du processus de décolonisation. Il rejette le projet d’accord de Bougival, jugé illégitime, et dénonce une consultation imposée sans consensus. Le mouvement rappelle que le peuple kanak détient le droit à l’autodétermination et prévient que Paris portera la responsabilité d’une nouvelle crise. Il réaffirme enfin sa voie : l’indépendance accompagnée de partenariats équilibrés avec la France.
Le ton est grave et le message sans ambiguïté. Dans un communiqué publié le 24 novembre 2025, le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) a réagi à la visioconférence tenue trois jours plus tôt avec la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Pour le mouvement indépendantiste, la position de l’État marque un tournant inquiétant dans le processus politique de Kanaky–Nouvelle-Calédonie.
Dès les premières lignes, le FLNKS confirme sa profonde inquiétude : l’État français aurait, selon lui, “définitivement choisi la voie de l’entêtement, du passage en force et de la menace politique”. Le mouvement estime que les échanges bilatéraux organisés les 11 et 14 novembre, initialement constructifs, n’ont pas été suivis d’effets. Au contraire, écrit-il, la ministre “refuse d’entendre la voix du FLNKS, d’admettre la réalité du pays et de respecter les principes du droit international qui encadrent le processus de décolonisation”.
Au cœur des tensions : le projet d’accord de Bougival. Rejeté “en bloc depuis plus de trois mois”, il n’est selon le FLNKS qu’un document “élaboré à Paris, présenté comme simple base de travail puis transformé unilatéralement par l’État comme un ‘accord’ sans aucune validation politique”. Le mouvement voit dans la consultation prévue par le gouvernement une manœuvre dangereuse, une initiative “improvisée, juridiquement bancale et dénuée de toute légitimité démocratique”.
Le FLNKS conteste également l’argument selon lequel aucune formation politique ne disposerait d’un “droit de véto”, comme l’a affirmé la ministre. Une position qui revient, selon lui, à nier la légitimité de la principale organisation indépendantiste du pays, mais aussi le cadre international qui reconnaît le droit du peuple kanak à décider de son avenir. Le communiqué rappelle que “la Kanaky-Nouvelle-Calédonie est engagée dans un processus de décolonisation reconnu par l’ONU, [et que] le peuple kanak est le seul détenteur du droit inaliénable à l’autodétermination”.
À plusieurs reprises, le mouvement met en garde contre les conséquences du calendrier imposé par Paris, qui prévoit une consultation en mars 2026. Une telle démarche, écrit-il, “revient à nier les fondements mêmes du vivre-ensemble construit depuis quarante ans et à exposer le pays à de nouvelles tensions”. Plus encore, le FLNKS affirme que “l’État portera seul la responsabilité politique, historique et morale des conséquences de ses manœuvres jusqu’au-boutistes”.
Malgré ces mises en garde, le mouvement indépendantiste n’abandonne pas l’espoir d’une sortie par le dialogue, mais uniquement “dans le cadre politique fixé depuis plus de quarante ans”, dans la continuité de l’Accord de Nouméa de 1998. Le FLNKS réaffirme enfin sa ligne : l’indépendance de la Kanaky–Nouvelle-Calédonie, articulée avec des partenariats équilibrés avec la France. “C’est le seul chemin vers une stabilité durable : une souveraineté pleine et entière, articulée avec des coopérations choisies, équilibrées et mutuellement bénéfiques.”
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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