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Traité liant l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie
8 août, par

L’accord de défense signé à La Mecque par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie apparaît comme l’une des principales conséquences géopolitiques de l’échec de la guerre lancée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou contre l’Iran. Malgré la présence de nombreuses bases militaires américaines dans le Golfe et de dizaines de milliers de soldats des États-Unis, Washington n’a pas empêché les frappes iraniennes contre le territoire saoudien. Pour l’ Arabie saoudite, cet épisode a mis fin à l’illusion du parapluie américain.
Le traité, baptisé « Accord de défense conjoint de La Mecque », stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois signataires sera considérée comme une attaque contre les deux autres. Ce principe rappelle celui de l’OTAN, mais avec une différence majeure : cette alliance est bâtie sans les États-Unis.
Le fait le plus marquant est que les trois signataires sont pourtant des partenaires traditionnels de Washington. L’Arabie saoudite est depuis des décennies l’un des principaux alliés américains dans le Golfe. La Turquie est membre de l’OTAN depuis 1952 et dispose d’une position stratégique entre l’Europe, la mer Noire et le Moyen-Orient. Quant au Pakistan, il entretient une longue coopération militaire avec les États-Unis, même si celle-ci a connu des périodes de tensions. Que ces trois États choisissent aujourd’hui de renforcer leur sécurité collective en dehors du cadre américain illustre une profonde évolution des rapports de force régionaux.
Le Pakistan apporte à cette alliance un atout stratégique majeur : il est, avec Israël, l’un des deux seuls États de la région à disposer de l’arme nucléaire. Il est le seul pays musulman dans ce cas, d’obédience sunnite comme l’Arabie saoudite tandis sue l’Iran est chiite Son armée expérimentée complète les capacités de l’industrie de défense turque, devenue une référence dans les drones et les missiles, tandis que l’Arabie saoudite apporte sa puissance financière.
Les négociations ont duré près d’un an, mais la guerre contre l’Iran a accéléré leur aboutissement. Les bombardements subis par l’Arabie saoudite ont montré que les garanties de sécurité américaines ne suffisaient plus à protéger ceuw qui accueuillent des bases militaires US. Riyad cherche désormais à diversifier ses partenariats stratégiques pour sauver ses installations pétrolières.
Au-delà de la coopération militaire, l’accord ouvre la voie à un renforcement des liens industriels, technologiques et économiques entre les trois pays. S’il venait à être élargi à d’autres États musulmans, il pourrait constituer le noyau d’une nouvelle architecture de sécurité régionale, un véritable « OTAN du Moyen-Orient » né du déclin des États-Unis dans la région.
Cet accord traduit surtout une remise en cause du dispositif militaire américain au Moyen-Orient. Si cette alliance régionale se consolide et s’élargit, elle pourrait accélérer le désengagement des États-Unis et soutenir les demandes de fermeture, des bases militaires américaines installées dans plusieurs pays de la région. Dans ce scénario, Israël apparaîtrait comme le dernier, prêt à accueillir durablement une présence militaire américaine. L’accord de La Mecque dépasse ainsi le simple cadre d’un traité de défense : il pourrait marquer le début d’un basculement historique de l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient, où les puissances régionales cherchent à se débarasser de la présence militaire de Washington au Moyen-Orient.
M.M.
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