Accord commercial entre les États-Unis et plusieurs pays de notre région

L’AGOA prorogée jusqu’en 2015 par le Congrès américain

22 juin 2004

Le Congrès des États-Unis a reconduit, pour une durée de sept ans, la Loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) et autorisé l’achat de matières premières dans les pays tiers jusqu’en 2006.
La reconduction du mécanisme permettant d’acquérir des matières premières dans les pays étrangers, qui devait prendre fin en septembre prochain, permettra aux pays africains admis à bénéficier des dispositions de l’AGOA d’importer et de transformer, jusqu’en 2006, des matières premières originaires de pays non éligibles à l’AGOA.
Ce sont les pressions exercées par les ministres africains du Commerce qui ont convaincu le Congrès américain de proroger le traité avant la fin de l’année, un effort visant à prévenir la perte, par les pays bénéficiant de l’onction américaine, du lucratif marché du textile des États-Unis. Selon les estimations, 150.000 emplois ont été créés en Afrique depuis la promulgation du traité de l’AGOA, il y a quatre ans, ce qui a porté les investissements du secteur privé sur le continent à 40 millions de dollars et stimulé les exportations de produits textiles, dont la valeur est évaluée à un montant de 1 milliard de dollars US.
De l’avis de Barry Fisher, spécialiste du marché des Cotons/Textiles auprès du Programme d’appui à la promotion du commerce régional des produits agricoles (RATES), créé dans le but de promouvoir la production et la commercialisation des fils de qualité en Afrique orientale et centrale, cette prorogation offre aux pays concernés un répit jusqu’en 2007, date à partir de laquelle les pays africains ne devront plus compter que sur leur compétitivité. "La Loi portant prorogation de l’AGOA devant le Congrès, pierre angulaire de la politique de l’Administration Bush en matière de commerce et d’investissement vise à promouvoir les échanges entre les États-Unis et l’Afrique", fait remarquer la Maison Blanche, dans un communiqué rendu public avant l’examen du texte, en début de semaine dernière. La reconduction de ce texte met fin à la période d’anxiété causée par l’incertitude qui planait sur l’adoption de la loi, ce qui avait entraîné des annulations en masse de commandes passées en vue de l’acquisition d’articles d’habillement. Selon Jaswinder Bedi, directeur du Conseil kenyan de la promotion des exportations, quelque 6.000 emplois ont été perdus depuis janvier 2004 dans les zones franches industrielles, suite à l’incertitude qui planait sur la reconduction de la loi.


L’armée américaine s’installe durablement à Djibouti

Quelque 1.200 militaires américains, parmi lesquels des éléments des forces spéciales de l’armée américaine, ont, rappelle-t-on, installé depuis 24 mois, une base militaire permanente à Djibouti. Cette présence est amenée à durer.
Les États-Unis maintiendront aussi "longtemps" que nécessaire la présence de leurs troupes à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, a déclaré vendredi à Washington, le secrétaire à la Défense adjoint américain chargé des Affaires africaines, Theresa Whelan. "Nous sommes actuellement en discussion avec les autorités djiboutiennes pour renouveler l’accord de présence de nos troupes sur leur sol. Les militaires américains ont encore du travail à faire dans cette partie de l’Afrique et nous ne prévoyons pas d’ici peu de les retirer", a-t-elle déclaré, lors d’une présentation devant le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA).
Theresa Whelan a également précisé que Djibouti restera le seul pays africain où les États-Unis entendent avoir une présence militaire permanente, afin officiellement d’aider les armées africaines à lutter contre le terrorisme. "De façon générale, nous ne comptons pas avoir de bases permanentes en Afrique où nous continuerons, cependant, à envoyer des équipes militaires pour des missions de 10 semaines maximum. Il s’agit de participer pendant cette période, à la formation des armées africaines. Djibouti restera une exception dictée par les impératifs de notre politique de lutte contre le terrorisme", a encore dit Theresa Whelan.


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