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24 juillet, par

En Inde, le gouvernement d’extrême droite de Narendra Modi est menacée. À la révolte étudiante qui secoue l’Inde s’ajoute une remise en cause de sa politique étrangère. Pendant des années, le Premier ministre s’est présenté comme le dirigeant d’une puissance émergente capable de dialoguer avec tous. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran remet en cause cette affirmation.
Le tournant est intervenu après le torpillage de la frégate iranienne IRIS Dena par un sous-marin américain, au large du Sri Lanka. Le navire iranien revenait d’exercices navals organisés par la marine indienne. L’attaque, survenue dans l’espace maritime que New Delhi présente comme sa zone d’influence, a été vécue comme une humiliation diplomatique pour l’Inde.
L’opposition accuse Narendra Modi d’avoir abandonné la tradition de non-alignement qui avait longtemps caractérisé la diplomatie indienne. Rahul Gandhi et plusieurs partis ont dénoncé le silence du gouvernement face à l’attaque américaine, estimant que New Delhi s’était placé dans une position de dépendance vis-à-vis de Washington.
Dans le débat public indien, certains commentateurs et responsables politiques vont plus loin en s’interrogeant sur le degré de coopération entre les autorités indiennes et les États-Unis avant l’attaque. Le gouvernement indien aurait-il transmis des renseignements ayant permis le torpillage de l’IRIS Dena ? Les critiques portent avant tout sur le rapprochement stratégique avec Washington et Israël, ainsi que sur le silence de New Delhi après l’attaque.
Cette affaire intervient alors que Narendra Modi fait face à une contestation intérieure sans précédent. Les manifestations étudiantes contre les scandales des concours d’entrée se multiplient, tandis que les réseaux sociaux, autrefois dominés par le BJP, deviennent un espace de mobilisation contre le gouvernement. Pour une partie de la jeunesse, l’image d’un dirigeant fort et indépendant s’effrite.
La guerre contre l’Iran révèle ainsi les contradictions de la diplomatie de Narendra Modi. En cherchant à renforcer son partenariat avec les États-Unis et Israël, deux autres régimes d’extrême droite, le gouvernement indien s’expose aux critiques de ceux qui estiment que l’Inde renonce à son autonomie stratégique et perd la crédibilité acquise auprès des pays du Sud. À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, cette évolution nourrit un débat de plus en plus vif sur la place de l’Inde dans un monde multipolaire.
M.M.
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Messages
24 juillet, 11:33, par Sanjiv
L’analyse mérite d’être nuancée. Depuis son indépendance, l’Inde demeure fidèle à sa doctrine d’autonomie stratégique, héritière du non-alignement. New Delhi entretient simultanément des relations étroites avec les États-Unis, mais aussi avec la Russie, qui reste son principal partenaire en matière de défense et un fournisseur majeur de pétrole depuis 2022. L’Inde a également renforcé ses liens avec les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar) et maintient des relations historiques avec l’Iran, comme en témoigne son investissement dans le port de Chabahar. Les revendications actuelles de la jeunesse indienne, notamment autour du mouvement du « parti des cafards » et des scandales liés aux concours de recrutement, relèvent avant tout de questions de gouvernance intérieure et ne peuvent être réduites à un supposé alignement de New Delhi sur Washington ou Tel-Aviv.