Le secrétaire général de l’ONU au sommet des BRICS : « Le monde de 1945 n’existe plus »

L’ancien ordre mondial doit changer à mesure que le pouvoir se déplace vers les économies émergentes, dit l’ONU au Sommet des BRICS

15 septembre

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé dimanche à New Delhi à une profonde réforme de l’ordre mondial. Avec les dirigeants des BRICS, il a constaté le déplacement du centre de gravité économique, démographique et géopolitique vers les pays émergents et plaidé pour des institutions internationales à l’image du monde actuel.

« Les réalités économiques, démographiques et géopolitiques d’aujourd’hui ne sont pas celles de 1945 », a déclaré António Guterres devant les dirigeants réunis au sommet des BRICS. Pour le secrétaire général de l’ONU, les institutions héritées de l’après-Seconde Guerre mondiale doivent désormais évoluer. Le Conseil de sécurité et le système de Bretton Woods sont directement concernés.
Le constat rejoint l’une des principales orientations de la déclaration adoptée à New Delhi : le monde s’éloigne progressivement de la domination d’un petit nombre de puissances et devient multipolaire. Pour Guterres, cette évolution doit être considérée comme une opportunité. « La multipolarité contribue à apporter davantage d’équilibre et d’équité », a-t-il affirmé, à condition qu’elle s’accompagne d’une réforme du système multilatéral.
Le secrétaire général de l’ONU a identifié quatre priorités : le financement du développement, la technologie, la justice climatique et la paix. Les pays en développement ont besoin d’un soutien international massif pour atteindre les Objectifs de développement durable, a-t-il souligné. Il demande notamment des banques multilatérales de développement « plus grandes, meilleures et plus audacieuses ».

Réduire les nouvelles fractures

António Guterres a également alerté sur le risque d’une nouvelle fracture liée à l’intelligence artificielle. Ses bénéfices restent concentrés entre quelques entreprises et quelques pays. Sans régulation et coopération internationales, l’écart technologique pourrait accentuer les inégalités de revenus, d’opportunités, de sécurité et même de souveraineté.
Sur le climat, son discours a été particulièrement alarmant. Vagues de chaleur, fonte des glaciers, incendies et inondations annoncent, selon lui, les conséquences d’un réchauffement qui menace de franchir durablement le seuil de 1,5 degré. Il a demandé aux pays riches de respecter leurs engagements financiers en faveur des pays en développement et dénoncé le « pillage » des ressources en minerais critiques.
Enfin, de Gaza à l’Ukraine, en passant par le Soudan et le Moyen-Orient, Guterres a appelé au respect de la Charte des Nations unies et au règlement pacifique des différends.
Son intervention résume ainsi l’enjeu du sommet de New Delhi : la montée en puissance des pays émergents rend de plus en plus difficile le maintien d’un ordre international conçu en 1945. La réforme du multilatéralisme apparaît désormais comme une nécessité plutôt qu’une concession.

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