Nouvelle rupture du cessez-le-feu par un régime d’extrême droite

L’armée israélienne continue de tuer des réfugiés en Palestine

8 décembre 2025, par Manuel Marchal

L’urgence, aujourd’hui, est de freiner la puissance militaire de l’État d’Israël, dont les interventions répétées en Palestine et dans la région constituent une menace majeure pour toute perspective de paix au Moyen-Orient. Tant que cette supériorité armée restera sans contrôle ni responsabilité, aucune solution juste et durable ne pourra émerger.

À Maghazi, au cœur de la bande de Gaza, les bombes ont encore brisé des vies. Le camp, peuplé majoritairement de familles réfugiées depuis 1947 — descendants de Palestiniens qui ont fui leurs villes et leurs villages lors de la guerre de 1947-48, un exode que de nombreux chercheurs et organisations palestiniennes associent à des expulsions et violences commises par les forces du nouvel État — subit aujourd’hui une nouvelle vague de destruction. L’histoire, ici, n’est jamais un souvenir lointain : elle frappe chaque maison, chaque quartier, chaque nom inscrit sur les listes des morts.

Enfants visés

Plus au nord, l’armée israélienne a tué sept Palestiniens supplémentaires, dont une femme de 70 ans et son fils. Deux générations fauchées, dans une enclave où la vulnérabilité est totale et où l’on survit sur la terre même qui devait servir d’abri temporaire après la Nakba, avant de pouvoir retourner chez soi.

Comme si ces décennies d’exil forcé ne suffisaient pas, certains courants d’extrême droite israéliens appellent aujourd’hui ouvertement à « transférer » les habitants de Gaza vers l’étranger. Pour ces groupes, l’avenir des réfugiés palestiniens ne doit pas se construire sur leurs terres d’origine, pourtant situées à quelques kilomètres seulement, mais dans un ailleurs lointain imposé. Une logique d’expulsion que dénoncent les organisations palestiniennes et de nombreux défenseurs des droits humains, rappelant que les seules terres auxquelles ces familles peuvent légitimement prétendre sont précisément celles dont elles ont été déracinées — terres aujourd’hui intégrées à l’État d’Israël et où continuent de s’étendre les colonies.

À Doha, le Premier ministre du Qatar prévient : la trêve est à un « moment critique ». Sans engagement clair vers une solution politique durable, elle s’effondrera comme les précédentes. Mais comment bâtir la paix lorsque l’idée même de maintenir les Palestiniens sur leur propre terre est contestée par des forces politiques influentes, lorsque le droit au retour — reconnu par de nombreuses résolutions internationales — demeure ignoré, et lorsque l’exil forcé est à nouveau brandi comme solution ?

Un peuple refuse d’être effacé

À Maghazi, Gaza-ville ou Rafah, les survivants de la Nakba et leurs descendants continuent de résister, de soigner, d’ensevelir les morts, de témoigner. Leur présence rappelle une vérité essentielle : la paix ne se construira ni sur l’effacement d’un peuple ni sur la perpétuation d’une injustice inscrite dans la terre elle-même. Elle exige la reconnaissance, la justice et la fin de toutes les formes de dépossession.

Le temps des illusions diplomatiques est révolu. Gaza appelle, plus que jamais, à une paix fondée sur les droits — seule alternative à un horizon de destruction sans fin.L’urgence, aujourd’hui, est de freiner la puissance militaire de l’État d’Israël, dont les interventions répétées en Palestine et dans la région constituent une menace majeure pour toute perspective de paix au Moyen-Orient. Tant que cette supériorité armée restera sans contrôle ni responsabilité, aucune solution juste et durable ne pourra émerger.

M.M.

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