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’Alon filozofé’ ... !*
Billet philosophique
24 août 2007, par

Cette semaine a eu lieu la rentrée des classes pour l’année scolaire 2007 - 2008 à La Réunion. Comme tous les ans, on a beaucoup parlé des moyens mis à la disposition des élèves, des enseignants et des autres personnels - voire des collectivités réunionnaises - pour assurer au mieux ce service public qui relève de l’État et qui s’appelle l’éducation.
Parfois, ces moyens s’améliorent (en particulier avec les nouveaux lycées classés “haute qualité environnementale” construits par la Région). Parfois, ils diminuent. Par exemple, la loi votée en juillet dernier par la majorité parlementaire sur les universités fait peser de lourdes menaces sur les moyens attribués par l’État à l’enseignement supérieur. Par ailleurs, le gouvernement a décidé de supprimer l’an prochain plus de 11.000 postes dans l’Éducation nationale.
La question des moyens mis à la disposition du système éducatif est donc importante et l’on ne fera jamais trop d’efforts dans ce domaine. Mais est-ce le problème principal ou fondamental des responsables de l’État ?
La question préliminaire que l’on a envie de se poser à ce sujet est la suivante : l’École, c’est pour quoi faire ?
La première réponse qui vient à l’esprit est : transmettre aux nouvelles générations les connaissances nécessaires pour travailler, se cultiver, mener à bien leur projet de vie, participer au fonctionnement de la société... Ces connaissances constituent les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, s’exprimer ; mais également connaître les sciences de la vie, l’histoire, la géographie, des langues anciennes et vivantes, l’art, le sport etc.
L’École vise donc à transmettre ces savoirs. Cependant, elle le fait au travers d’une sélection et d’une compétition qui “trient” les élèves puis les étudiants au fur et à mesure de leur parcours. La vie scolaire et étudiante se ramène à la loi du plus fort, à l’image de la vie sociale.
Face à cette réalité, il convient de s’interroger : le système éducatif a-t-il pour but principal de construire une société juste et solidaire ? Cela ne semble pas la priorité.
Est-ce que parmi les savoirs fondamentaux à enseigner figure la connaissance des grands équilibres écologiques et sociaux de notre planète, des menaces mortelles qui pèsent sur l’espèce humaine, des causes de ces dangers et des moyens d’y faire face ?
Lorsqu’on entend les discours des responsables de l’Académie de La Réunion exposer aux enseignants ce qui est leur tâche principale, on ne trouve rien de tout cela. Tout faire pour construire une société plus humaine : en oubliant cet objectif premier de l’École, ils trahissent sa raison d’être.
Le « problème principal » qui les préoccupe c’est le fait que la langue maternelle des élèves Réunionnais ne soit pas le français ! Au lieu de déplorer cette réalité linguistique, ils devraient se féliciter de la diversité culturelle réunionnaise.
Avec une telle conception de l’enseignement, quel est le sens de l’École ?
Roger Orlu
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