Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Les mirages de Dubaï s’évaporent, 120 milliards de dollars ont déjà disparu
1er avril, par

La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué un choc brutal sur les marchés des Émirats arabes unis. En quelques semaines, près de 120 milliards de dollars se sont évaporés des Bourses de Dubaï et d’Abou Dhabi. L’ampleur des pertes fragilise le modèle émirati fondé sur la finance, le tourisme et la stabilité.
Depuis le 28 février, date du déclenchement de la guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv, les places de Dubaï et d’Abou Dhabi ont vu s’envoler environ 120 milliards de dollars de capitalisation.
L’indice général du Dubai Financial Market (DFM) a chuté d’environ 16 %, effaçant près de 45 milliards de dollars. De son côté, l’Abu Dhabi Securities Exchange (ADX) a reculé d’environ 9 %, soit 75 milliards de dollars envolés. À titre de comparaison, les marchés du Qatar et de Bahreïn ont baissé plus modérément, tandis que l’Arabie saoudite et Oman ont enregistré des gains.
Même Wall Street a vacillé : le S&P 500 a perdu environ 7 % sur la même période, reflet de l’incertitude stratégique et des déclarations fluctuantes du président Donald Trump. Mais le choc est plus sévère aux Émirats, dont le modèle économique repose sur la confiance internationale et la stabilité géopolitique.
Si les Émirats sont relativement moins exposés que d’autres pays du Golfe au choc énergétique provoqué par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, le conflit a frappé leur talon d’Achille : le transport aérien et le tourisme. Des dizaines de milliers de vols ont été annulés, notamment à l’aéroport international de Dubaï, première plateforme mondiale pour les passagers internationaux.
Or le tourisme et les voyages ont contribué à hauteur de 70 milliards de dollars à l’économie nationale l’an dernier, soit environ 13 % du PIB. Hôtels, compagnies aériennes, commerce de détail et immobilier subissent déjà les premiers contrecoups d’une chute de fréquentation.
Pour Haytham Aoun, professeur de finance à l’American University in Dubai, la correction actuelle relèverait davantage d’un « choc temporaire » que d’un effondrement durable. Les fondamentaux — diversification économique, réserves financières solides, infrastructures modernes — resteraient intacts.
Cependant, la rapidité et l’ampleur de la dégringolade interrogent. Les Émirats ont bâti leur attractivité sur l’image d’un havre stable au cœur d’une région agitée. Or la guerre rappelle que cette stabilité dépend étroitement des équilibres géopolitiques régionaux.
Si le conflit devait s’enliser, la fuite des capitaux pourrait s’accélérer, mettant à l’épreuve la résilience du modèle émirati. À l’inverse, un apaisement rapide redonnerait de l’élan à des marchés encore portés, avant la crise, par l’optimisme et l’afflux d’investissements étrangers.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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