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L’émergence de l’Alliance des États du Sahel

mardi 19 septembre 2023, par Ary Yée Chong Tchi Kan


Le 16 septembre 2023, le Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES). Les autorités de Transition des 3 pays ont signé la Charte du Liptako-Gourma dont l’objectif vise à « établir une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle aux Parties contractantes ». C’est donc un événement politique considérable.


Ces pays sont des anciennes colonies françaises et ils désirent la pleine souveraineté de leurs prérogatives et celle de la nouvelle entité géographique. Les générations précédentes se sont beaucoup sacrifiées pour libérer la France occupée par les nazis. Et, après ? Aujourd’hui, les descendants ne supportent plus la mainmise de la France sur les intérêts du pays, directement ou par complicité. Le Franc CFA, les ressources minières, le bombardement de la Libye, l’expansion du terrorisme, les gouvernements fantoches etc... témoignent d’une situation anachronique.

Que cela heurte les nostalgiques du temps béni des colonies, c’est une évidence, mais le mouvement ne va pas s’arrêter. L’article 11 de la Charte a prévu l’élargissement : « la présente Charte peut être ouverte à tout autre État partageant les mêmes réalités géographiques, politiques, socio-culturelles qui acceptent les objectifs de l’Alliance. La demande d’adhésion est acceptée à l’unanimité des États Parties. » Une ambition sans limites !

Cette Alliance intervient après le succès des BRICS en Afrique du Sud qui a provoqué une demande d’adhésion de nombreux pays. Parallèlement, les 15 et 16 septembre 2023, le G77+la Chine se réunissait à CUBA, pays sous embargo américain. Ils ont adopté la Déclaration de la Havane sur les « Enjeux du développement : rôle de la science, de la technologie et de l’innovation ». Pas de doute, ça avance, sans l’Occident coercitif.

Dans ce contexte inédit, la France devrait prendre le chemin du dialogue et de la diplomatie ; elle devrait s’abstenir d’attaquer les artistes, les étudiants et la société civile africaine. Du reste, en octobre 2021, le Président Français semblait innover en organisant un Sommet avec des jeunes africains, invités à s’exprimer sans filtre, sur un ton libre. C’est le moment de dire : « je vous ai compris ».

Finalement, la France fait beaucoup de bruit mais n’offre aucune alternative concrète et globale. A La Réunion, les personnalités médiatiques sont aphones alors que s’ouvre une ère nouvelle, impactée par l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Ary Yee-Chong-Tchi-Kan


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