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Un État vole à nouveau au secours d’une banque
11 mai 2012, par

Le gouvernement espagnol a décidé de prendre le contrôle de Bankia, 4ème banque du pays, mercredi 9 mai. Les autorités espèrent rassurer les marchés et stabiliser le secteur financier fragilisé par la crise immobilière. Car, au final, c’est le contribuable qui financera les pertes de cette banque.
Le gouvernement centre-droit de Mariano Rajoy a tenu à couvrir la banque cotée en bourse, qui croule sous les actifs immobiliers risqués. L’État dévoilera une nouvelle réforme du secteur bancaire, notamment de nouvelles mesures destinées à renforcer les établissements de crédit en difficulté.
L’argument : nationaliser pour éviter la faillite du pays
Désireux d’apaiser les marchés pour éviter une remontée du taux d’emprunt à dix ans contracté et éviter la faillite du pays, le gouvernement a décidé de contrôler en totalité la banque, car celle-ci détient environ 10% des dépôts bancaires de l’Espagne. Née en 2010 par l’alliance de plusieurs caisses d’épargne en difficulté, Bankia est la plus importante des huit banques secourues par l’État au cours des dernières années. En effet, le secteur financier espagnol a connu trois plans de redressement successifs, mais reste affaibli par les effets de la bulle immobilière de 2008, qui a laissé 184 milliards d’actifs toxiques aux banques.
Madrid a répondu à la demande de Bankia, qui a sollicité la Banque d’Espagne pour sa nationalisation partielle à travers une intervention de l’État dans le capital de la banque. Le Ministère de l’Économie souhaite transformer en participation le prêt public octroyé au premier actionnaire de Bankia, Banco Financiero y de Ahorros, à un taux d’intérêt de 7,75% et remboursable sous cinq ans. Après confirmation par les autorités compétentes, le Fonds public d’aide au secteur financier devrait détenir indirectement 45% du capital de Bankia, prenant ainsi son contrôle, a indiqué le Ministère de l’Économie mercredi 9 mai.
L’Espagne enfermée dans ses difficultés
L’Espagne est l’un des premiers pays de l’Union européenne à avoir subi de plein fouet la crise économique et financière internationale. Injectant des fonds dans les banques en difficulté, les dettes privées des banques sont devenues souveraines. Les Espagnols ont dû faire face à une crise de la dette souveraine remettant en cause ses secteurs financiers publics et privés. Cette situation a permis à la Troïka d’imposer des mesures d’austérité destinées à éviter au pays le défaut de paiement de ses dettes aux créanciers et d’empêcher la contagion à toute la zone euro.
Face à la nationalisation partielle de Bankia, le gouvernement a admis que certaines banques ne seront pas capables d’enregistrer de nouvelles provisions et qu’elles travaillent toujours sur des mesures de soutien aux banques concernées, a indiqué mercredi 9 mai une source au sein du gouvernement citée par l’agence de presse “Reuters”. Afin de maintenir la dette publique de l’Espagne sous les 100% du PIB, entre 40 et 50 milliards d’euros doivent être injectés pour permettre aux banques de faire face à de futures pertes, ont indiqué des économistes à “Reuters”.
Céline Tabou
Nos peines
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