Santé

L’Hôpital du peuple en quarantaine à Pékin

Pandémie de la pneumonie atypique

26 avril 2003

Fermé pour cause de pneumonie atypique ? Dans la capitale chinoise, l’Hôpital du peuple a été fermé jeudi matin et les consultations suspendues. Des responsables de l’établissement, qui dépend de l’Université de Pékin, ont refusé d’être interrogés au téléphone, mais une standardiste a déclaré à l’AFP : « les membres du personnel qui se trouvent à l’intérieur ne peuvent pas rentrer chez eux ». L’Hôpital du peuple compte 2.262 salariés et 1.020 lits, selon son site Internet. Il ne fait pas partie des hôpitaux désignés pour recevoir des malades souffrant de pneumonie atypique.
Des gardes patrouillaient aux abords de l’hôpital, situé au centre de la capitale, et le bâtiment était placé hors d’atteinte par la constitution d’un périmètre de sécurité. Selon un décret de la municipalité publié jeudi dans la presse locale, toutes les personnes ayant été en contact avec des malades atteints de pneumonie atypique doivent être placées en quarantaine et tous les bâtiments ou lieux publics où des cas de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont été découverts doivent être fermés.

La pneumonie atypique a fait 4 nouveaux morts à Pékin et 125 cas supplémentaires en Chine, dont 89 dans la capitale, a annoncé jeudi le ministère chinois de la Santé. Le nombre de décès s’élève à 106, dont 39 dans la capitale, alors que le nombre de cas confirmés est de 2.422, dont 774 à Pékin. Dans l’ensemble du pays, 243 nouveaux cas suspects ont été signalés (112 à Pékin) pour un total de 1.278.
Avec 16 millions d’habitants, Shanghai ne compte officiellement que deux cas confirmés de SRAS, et 16 cas suspects. « Notre équipe en Chine a clairement indiqué qu’elle avait le sentiment qu’il y avait plus de cas à Shanghai que ce qui a été rapporté », a toutefois déclaré David Heymann, directeur de l’OMS pour les maladies contagieuses. Nouvelle plus optimiste : 1.254 personnes ont guéri du SRAS, dont 1.159 dans la province méridionale du Guangdong, où l’épidémie est d’abord apparue.

Hypothèse inquiétante sur l’origine du virus
Le 7 avril dernier, aux États-Unis, le docteur Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases - un organisme gouvernemental qui est notamment chargé du programme de défense contre les armes biologiques - présentait son rapport à une commission du Sénat. Dans celui-ci, il expliquait que le nouveau type de coronavirus impliqué pouvait provenir d’une manipulation civile ou militaire. Selon lui, la réponse à cette question sera donnée dès que les scientifiques disposeront de la séquence génomique complète du virus.

Deux jours plus tard à Irkoutsk, en Sibérie, c’est le docteur Sergeï Kolesnikov, membre de l’Académie des sciences médicales russes, qui évoquait l’origine artificielle de l’épidémie avec plus d’insistance. Selon ses dires, rapportés par l’agence Ria Novosti, « le virus de la pneumopathie atypique est une synthèse de deux virus (la rougeole et les oreillons) dont la combinaison naturelle est impossible ». Comme la recherche sur les armes biologiques est généralement couplée à celle de vaccins immunisants, le savant pronostique qu’un médicament fera rapidement son apparition.
Le point de vue de Sergeï Kolesnikov a été depuis appuyé par un autre médecin russe, Nikolaï Filatov, chef des services épidémiologiques de Moscou. Dans les colonnes de la "Gazeta Daily", journal de la capitale russe, il a affirmé que le syndrome respiratoire aïgu sévère (SRAS) avait été fabriqué, ceci pour quatre raisons : « Il n’y a pas de vaccin pour ce virus, son processus d’apparition n’est pas clair, il n’était pas très répandu à l’origine et la population n’a aucune immunité contre lui ». En effet, en cas de mutation naturelle d’un virus comme celui de la grippe, par exemple, les scientifiques peuvent rapidement tracer l’historique de la nouvelle forme virale et adapter les moyens de défense.


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