L’impérialisme capitule face à la résistance de l’Iran
19 juin, parAccord signé par les USA mercredi à Versailles
Accord signé par les USA mercredi à Versailles
19 juin, par

Les États-Unis et l’Iran ont conclu un mémorandum en 14 points prévoyant la fin immédiate des hostilités, y compris au Liban, le respect mutuel de leur souveraineté et la levée progressive du blocus naval contre l’Iran. Washington promet aussi un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars et le retrait de ses forces. Téhéran réaffirme ne pas vouloir développer l’arme nucléaire et présente l’accord comme une victoire diplomatique et politique.
Les États-Unis ont révélé mercredi les principaux éléments du mémorandum d’entente en 14 points conclu avec l’Iran, marquant une étape majeure vers la fin d’un conflit qui a profondément bouleversé le Moyen-Orient. Bien qu’aucune copie officielle du document n’ait encore été publiée, un responsable américain en a présenté le contenu lors d’un échange avec la presse.
Initialement prévue en Suisse vendredi, la signature de l’accord a finalement eu lieu mercredi à Versailles, sous l’impulsion du président américain Donald Trump. Le texte établit les bases d’un cessez-le-feu global et d’une normalisation progressive des relations entre Washington et Téhéran.
Le premier point du mémorandum prévoit la « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ». Les deux parties s’engagent également à respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban.
Le deuxième article constitue l’un des aspects les plus significatifs du texte. Les États-Unis et l’Iran s’y engagent à respecter mutuellement leur souveraineté, leur intégrité territoriale et à s’abstenir de toute ingérence dans leurs affaires intérieures. Cette disposition apparaît comme un abandon implicite de toute stratégie de changement de régime à Téhéran, objectif qui avait été évoqué par Donald Trump au début de l’offensive contre l’Iran.
Sur le plan militaire, Washington promet de lever progressivement le blocus naval imposé à l’Iran et de retirer l’ensemble de ses forces dans un délai de trente jours après la conclusion d’un accord final. En contrepartie, Téhéran s’engage à garantir pendant soixante jours la libre circulation des navires commerciaux entre le golfe Persique et la mer d’Oman. L’avenir de l’administration du détroit d’Ormuz fera l’objet de discussions avec le Sultanat d’Oman.
L’accord comporte également un important volet économique. Les États-Unis s’engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un programme d’au moins 300 milliards de dollars destiné à la reconstruction et au développement économique de la République islamique d’Iran. Washington promet également de faciliter toutes les transactions financières nécessaires à la mise en œuvre de ce plan.
Sur le dossier nucléaire, l’Iran réaffirme qu’il ne cherchera ni à acquérir ni à développer l’arme nucléaire, tout en préservant le droit du pays à développer un programme nucléaire civil.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a salué un accord qui, selon lui, « reflète la voix d’une nation qui n’a pas échangé sa dignité et son indépendance contre des menaces ou des pressions ». Il a présenté le texte comme le résultat de « la résilience nationale, de la rationalité politique et d’une diplomatie responsable ».
Cet accord est l’aboutissement de discussions directes engagées au Pakistan en avril, les premières entre Washington et Téhéran depuis la révolution iranienne de 1979. S’il est pleinement appliqué, il pourrait ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays et contribuer à stabiliser durablement une région marquée par des décennies de tensions depuis le début de la colonisation de la Palestine par Israël.
M.M.
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