Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Santé et société
Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer dimanche prochain
16 septembre 2003

À l’occasion de la 10ème journée mondiale consacrée à la maladie d’Alzheimer qui se déroulera le dimanche 21 septembre prochain, l’association Réunion Alzheimer, a organisé une conférence de presse vendredi dernier avec des professionnels de la santé pour évoquer cette maladie. (voir encadré) Elle a présenté l’évolution de cette maladie, ses conséquences pour les malades et leurs familles ainsi que les moyens qui sont aujourd’hui mis en œuvre pour prévoir la prise en charge des malades de demain. (voir "Témoignages" de samedi dernier et d’hier)
Depuis décembre 2002, le service de neurologie du CHD de Saint-Denis a mis en place une consultation consacrée à la mémoire, où interviennent trois neurologues, un psychiatre et un neuropsychologue. Il n’y a pas de marqueur de cette maladie, son diagnostic ne peut se faire que par des tests psychologiques.
Pour un diagnostic précoce
Le docteur Serveaux, neurologue au sein de ce service, précisait vendredi que cette maladie touche 30% des personnes de plus de 90 ans et 5 à 10% des personnes de 75 ans et plus. Il indiquait aussi que « la création d’une consultation mémoire permet de répondre aux différentes attentes qui se présentent dès aujourd’hui avec le vieillissement de la population réunionnaise ».
« Les objectifs de cette consultation sont donc le diagnostic de la cause de la perte de mémoire, ajoutait le docteur Serveaux. Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer permet en effet une meilleure qualité de vie et de prise en charge, la mise en place d’une thérapeutique adaptée et une information, voire un soutien à l’aidant et à la famille des malades ».
Il soulignait enfin la nécessité d’établir des réseaux gérontologiques avec les établissements d’hébergement de personnes âgées du Nord et de l’Ouest.
Des tests spécifiques à La Réunion
Pour réaliser le bilan neuropsychologique, il est indispensable d’utiliser plusieurs épreuves psychométriques. L’utilisation de ces différentes épreuves à La Réunion reste actuellement parfois délicate, compte tenu des facteurs environnementaux propres à La Réunion, en particulier concernant la langue créole.
C’est pourquoi les tests psychométriques nécessitent une adaptation scientifique, convenant aussi bien aux personnes illettrées et analphabètes. Ce travail d’adaptation est fait en partenariat avec le laboratoire de recherche sur les espaces créolophones et francophones, de l’unité du CNRS, à l’Université de La Réunion.
Ainsi l’ensemble de la population réunionnaise pourra bénéficier d’un dépistage précoce des pathologies dégénératives, organiques ou fonctionnelles.
Raconter sa vie
Caroline Urban travaille aux côtés du docteur Serveaux, elle nous expliquait son travail lors de la conférence de presse. Après un test de dépistage fait par un médecin généraliste, il n’est pas possible de dire les causes de la détérioration de la mémoire. Cela ne suffit pas.
Pour réaliser un bilan médical complet, elle rencontre les patients, fait connaissance avec eux, leur demande de retracer leur vie. Ainsi, elle relève les troubles éventuels de la mémoire. Elle en fait un compte-rendu aux autres spécialistes, qui établissent un traitement selon que la maladie se présente sous une forme légère ou modérée.
Caroline Urban est amenée à revoir le patient trois mois ou six mois plus tard pour évaluer les effets du traitement.
Inventer un système innovant de prise en charge
Le docteur Pierre Catteau se déclare étonné de la capacté des familles réunionnaises à prendre en charge les soins de leurs malades. Dans les meilleures conditions, si le patient bénéficie de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), soit 880 euros par mois, cela lui permet une prise en charge de 4 heures par jour. Le reste repose sur la famille.
Or, comme le précise le gérontologue, « les malades sont atteints de troubles de la conduite élémentaire, leur rythme de réveil et de sommeil sont perturbés, ce qui entraîne un phénomène de surmenage pour les autres membres de la famille ». Il ne faut pas attendre que la maladie évolue, un dépistage précoce peut permettre un traitement adéquat.
Favoriser l’accueil de jour
Plusieurs efforts restent à faire pour améliorer la prise en charge de cette maladie, il faut développer l’accueil médicalisé dans les maisons de retraite, mettre en place un réseau de prise en charges social. Le parc gérontologique compte 1.130 lits ; or seule une centaine de places sont proposées pour les malades d’Alzheimer alors qu’il en faudrait plusieurs centaines : la Mapad Croix Rouge accueille 40 à 50 personnes, la Mapa les Alizés 24 autres et le Centre de Bois d’Olive 32, dont 20 places pour les patients non errants non fugueurs.
Il faut favoriser l’accueil de jour, nous sommes au tout début de la mise en place de ce type de structure. Ce type d’accueil doit être rendu facile d’accès pour les patients en termes de localisation comme en termes de finance.
Il faut, selon le docteur Catteau, « trouver un système innovant de petites unités, où les familles peuvent venir avec des prix de journée accessibles ». Actuellement, seulement six places d’hébergement temporaire existent pour toute La Réunion.
La solution la moins onéreuse serait « d’accueillir le patient dans une famille qui n’est pas la sienne, avec un soutien technique, la mise en place d’un réseau de soins ».
| Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ? |
|---|
| C’est une maladie qui atteint le cerveau.
La maladie d’Alzheimer provoque une dégénérescence de certaines cellules nerveuses. Le cerveau se modifie et ne fonctionne plus comme avant. Il a de plus en plus de difficultés à analyser les informations venant du monde extérieur et à les utiliser de façon adaptée. Les personnes atteintes de cette maladie sont entravées progressivement dans leurs facultés de penser, de se souvenir, de comprendre et de prendre des décisions. Elles ont de plus en plus de difficultés à exécuter les tâches quotidiennes comme par exemple s’habiller, préparer un repas. Le plus souvent ces troubles s’aggravent et la personne malade aura besoin de l’aide d’un tiers. Cependant les chercheurs ont découvert plusieurs facteurs importants. Ils savent maintenant que la maladie d’Alzheimer n’est pas un stade normal du vieillissement. Elle est plus fréquente avec l’âge, la plupart des personnes atteintes ont plus de 65 ans. Mais la maladie frappe parfois avant 50 ans. Elle n’est pas due au stress et n’est pas contagieuse. Elle pourrait frapper plus souvent les femmes que les hommes, et être aggravée par des maladies vasculaires cérébrales. Il reste encore beaucoup à découvrir. Ces modifications comportementales n’apparaissent pas du jour au lendemain. Elles s’installent graduellement et ne sont remarquées que par la famille vivant au quotidien ces modifications. Il n’y a aucun test ni examen simple et sûr pour diagnostiquer avec certitude la maladie d’Alzheimer. Seul l’examen du cerveau après le décès peut confirmer le diagnostic à 100%. Après des examens préalables, le médecin doit adresser la personne à un spécialiste (neurologue, psychiatre, gériatre) ou dans un service spécialisé (consultation mémoire au CHD). |
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