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4 juin, parNos peines
Londres propose une large autonomie aux Ecossais pour maintenir l’Ecosse dans le Royaume-Uni
10 septembre 2014, par

Pris à son propre piège, le Premier ministre britannique David Cameron a décidé de présenter un plan de transfert de nombreuses compétences vers le Parlement écossais, afin d’éviter une séparation entre le Royaume-Uni d’un côté et l’Ecosse de l’autre. Le 18 septembre, les Ecossais votent pour l’indépendance.
Le débat suscité par l’Ecosse existe en Espagne, où la Catalogne n’a pas eu le droit de voter pour ou contre l’indépendance. Toutefois, cette question devrait sortir des frontières britanniques et espagnoles et s’intégrer dans des Etats centralisateur, comme la France.
Le 15 octobre 2012, David Cameron a signé avec Alex Salmond, leader des indépendantistes écossais, l’accord d’Edimbourg, prévoyant un référendum ce 18 septembre et s’engageant formellement à en respecter les conséquences, quel que soit le résultat. Toutefois, à la veille du vote, le Premier ministre tente de changer de position en mettant en place une campagne de la peur. Dans une de ses allocutions, il a affirmé que l’Ecosse serait plus en sécurité au sein du Royaume-Uni que « dans un monde dangereux et incertain ».
Au lendemain du choc provoqué par la publication d’un nouveau sondage qui place pour la première fois le « oui » en tête des intentions de vote à 8 jours du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, David Cameron va dévoiler un nouveau plan de transfert de pouvoirs à Edimbourg. Ce plan, appuyé par les travaillistes, prévoit d’attribuer aux Ecossais, qui possèdent une Assemblée et d’un chef de gouvernement, une autonomie plus importante.
Ce « plan d’action pour élargir les pouvoirs de l’Ecosse sera présenté dans les jours à venir. Il prévoit une grande liberté en matière d’imposition, de dépenses et de sécurité sociale. L’Ecosse recevra le meilleur des deux mondes », a déclaré le chancelier de l’Echiquier britannique, George Osborne, à la presse. Ce dernier a tout de même précisé que l’autonomie serait accordée uniquement si les Ecossais renonçaient à leur volonté d’indépendance totale.
Pour les indépendantistes, les promesses de Londres sont un geste « désespéré », « après avoir échoué à faire peur aux Ecossais, la prochaine étape est manifestement de tenter de nous acheter », a raillé Alex Salmond, le Premier ministre écossais et leader de la campagne pour le « oui ».
Alors que le Premier ministre britannique devra tenir compte de l’accord qu’il a signé avec les indépendantiste écossais, la situation de l’Ecosse est observée par d’autres régions du Royaume-Uni, comme l’Irlande du Nord, le Pays de Galles, mais aussi la Cornouailles (sud-ouest) ou le Yorshire (nord-est). Au delà du territoire britannique, le débat de l’indépendance se poursuit en Flandre, en Italie du Nord et en Espagne, où les indépendantistes catalans vont organiser une démonstration de force pour contester leur maintien dans l’Espagne.
« Le cas de l’Ecosse nous fait envie et nous met en colère, parce qu’elle nous montre que nous pourrions trouver une solution démocratique, par le dialogue, si la volonté politique existait à Madrid », a expliqué à l’Agence France Presse, Josep Maria Güell, architecte de 32 ans. En effet, la Catalogne, contrairement à l’Ecosse n’a pas eu l’autorisation de voter par référendum son maintien ou non dans l’Espagne.
Cependant, pour Carme Forcadell, présidente de l’Assemblée nationale catalane (ANC) qui est principale association indépendantiste, le vote écossais pourrait montrer « comment réagira l’Union européenne ». Une mobilisation sera organisée le 11 septembre, « journée nationale » de la Catalogne, afin de rappeler au gouvernement de Mariano Rajoy, la volonté des catalans d’être indépendant.
Depuis quelques années, plusieurs régions européennes remettent en cause la centralisation de certaines autorités désireuses de conserver leurs terres. Le référendum écossais devrait marquer un nouvel élan pour les autonomistes et indépendantistes. En France, l’indépendantisme est un courant non négligeable au Pays Basque ou en Corse. Et La Réunion va-t-elle rester en dehors de ce débat, plus de 50 ans après avoir évoqué la nécessité de l’autonomie pour un développement durable de l’île ?
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