Monde

L’insignifiance des dirigeants américains

Ary Yée Chong Tchi Kan / 12 juillet 2021

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Devant l’offensive des Talibans, en Afghanistan, le Président des États-Unis avance le retrait des troupes américaines et de l’Otan au 31 août au lieu du 11 septembre.

Le 2 juillet, ils ont évacué la puissante base militaire de Bagram, la nuit. Le commandant afghan, chargé de prendre la suite, n’a pas été prévenu. Mécontent, il a ouvert la base aux médias et raconte que les Américains ont laissé un inventaire de 3,5 millions d’articles, y compris « les poignées de portes », les « bouteilles d’eau » ainsi que des voitures blindées « sans clefs ». Dans leur fuite, ils ont même coupé l’électricité, plongeant l’ensemble dans le noir complet ; un petit groupe de soldats pilleurs en a profité.

Sentant monter les accusations contre son pays, Joe Biden a tenu un point presse, jeudi 8 juillet. Pour lui, le retrait est justifié « malgré les avancées rapides des insurgés talibans, les signes de tension dans l’armée afghane et les sombres prévisions des responsables de l’armée et du renseignement américains ». Le cynisme est à son comble quand il déclare que la prise de contrôle du pays par les Talibans n’est pas « inévitable ».

En 20 ans de guerre, cette puissante coalition internationale n’a pas réussi à vaincre les Talibans qu’ils ont pourtant chassé du pouvoir. Ni militairement, ni politiquement car les pourparlers de paix sont au point mort. Pour couvrir sa débâcle et tenter de gagner du temps, Joe Biden utilise le gouvernement en place et les forces loyalistes qui jouent leur survie.

Les dernières informations ont accéléré l’issue fatale d’une guerre fratricide entre les Afghans au pouvoir et les insurgés. Les villages tombent les uns après les autres. Les soldats loyalistes et les collaborateurs des occidentaux cherchent à fuir le pays mais n’obtiennent pas de visas. Ils sont purement abandonnés après avoir loyalement servi. Les voisins de l’Afghanistan s’inquiètent de l’arrivée massive de migrants.

Finalement, les États-Unis évitent l’humiliation médiatique comme lors de la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, mais ils soulignent l’insignifiance de ses dirigeants à vouloir poursuivre la provocation contre la Russie et la Chine ou bien à maintenir le blocus de Cuba depuis 60 ans.

Ary Yee Chong Tchi Kan