Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Les médecins cubains contraints de quitter la Jamaïque
10 avril

Sous pression de la Maison-Blanche, plusieurs pays des Caraïbes et d’Amérique centrale mettent fin aux missions médicales cubaines actives depuis des décennies. Ces brigades avaient assuré des millions de consultations et d’opérations, notamment ophtalmologiques. Leur départ suscite inquiétude et reconnaissance populaire.
Fin mars 2026, sur les réseaux sociaux, un Jamaïcain racontait que les spécialistes cubains avaient évité à sa grand-mère de perdre la vue après une opération ratée. Pour de nombreux habitants des zones rurales et défavorisées, ces médecins représentaient souvent l’unique accès à des soins spécialisés. Pourtant, les premiers contingents cubains ont commencé à quitter la Jamaïque.
Quelques jours plus tôt, des centaines de personnes avaient participé à une « marche de la gratitude » pour saluer un demi-siècle de solidarité médicale entre La Havane et Kingston. Dans le même temps, des patients affluaient vers les cliniques ophtalmologiques afin d’être opérés avant le départ des équipes. Des scènes similaires ont été observées au Honduras, où des habitants ont exprimé leur reconnaissance envers des praticiens qui réalisaient gratuitement des opérations, notamment de la cataracte.
Si ces missions répondent manifestement aux besoins des populations, pourquoi prennent-elles fin ? Selon plusieurs gouvernements de la région, la pression exercée par les États-Unis est déterminante. Washington aurait menacé de sanctionner les pays accueillant des brigades cubaines. Cette stratégie s’inscrit dans une politique ancienne visant à freiner l’influence internationale de Cuba.
Ces derniers mois, la Jamaïque, le Honduras, le Guatemala, le Paraguay, les Bahamas, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Guyana ont mis un terme à des programmes actifs depuis parfois plusieurs décennies. D’autres, comme la Grenade, Antigua-et-Barbuda ou la région italienne de Calabre, ont annoncé leur intention de les réduire progressivement.
Les chiffres témoignent de l’ampleur de ces missions : au Honduras, des millions de consultations et des centaines de milliers d’interventions ont été réalisées, dont des dizaines de milliers d’opérations des yeux dans le cadre de l’« Opération Miracle ». Au Guyana, la présence cubaine assurait depuis cinquante ans un accès aux soins dans des régions isolées. Au Guatemala, plus de 400 professionnels quittent des communautés autochtones où ils intervenaient depuis l’ouragan Mitch en 1998.
À la Jamaïque, en seize ans, le programme ophtalmologique conjoint a permis à environ 25 000 personnes de recouvrer la vue. Au total, les brigades ont effectué des millions de consultations, des dizaines de milliers d’actes chirurgicaux et assisté des milliers de naissances.
Tous les États ne cèdent pas à ces pressions. Trinité-et-Tobago et la Calabreen Italie ont affirmé leur volonté de préserver cette coopération au nom de leur souveraineté et des besoins de leurs citoyens.
Au-delà des enjeux diplomatiques, la question centrale demeure celle de l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables, désormais confrontées à un vide sanitaire difficile à combler.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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